Allaitement reste possible même si la mère pratique un régime d'éviction parce qu'elle est elle-même allergique ou parce que son bébé allaité réagit à des aliments qu'elle consomme. La composition du lait maternel étant stable, il y a peu de risque de répercussion sur la santé de son bébé.

 

Il y a très peu de différence entre le lait de femmes en bonne santé et celui de femmes très mal nourries (ex. famine). Si, par exemple, le régime de la mère est pauvre en calories, son organisme fournira celles qui manquent grâce aux réserves constituées pendant la grossesse ou antérieurement. Pendant l'allaitement, le risque de carence alimentaire concerne donc plutôt la mère, que son nourrisson.

Toutefois, la mère qui est polyallergique ou polyintolérante (réactive à plusieurs aliments différents) et qui pratique plusieurs régimes d'éviction alimentaires, devra être particulièrement vigilante quant au risque de carences la concernant. Le cas échéant, il est recommandé de demander conseil à un diététicien ou à un nutritionniste.

Si la mère est carencée, la première chose à faire est de modifier son alimentation pour augmenter l'apport d'aliments naturellement riches en l'élément manquant. Il peut être utile de consulter un diététicien ou un nutritionniste. Une supplémentation est parfois nécessaire s'il y a des carences importantes, particulièrement chez la mère atteinte de polyallergies, qui doit supprimer de son alimentation plusieurs aliments différents, ou de maladie coeliaque.

Si le bébé a des carences liées à une pathologie (anémie à cause d'un reflux par exemple), le lait maternel est un gage d'aliment complet dont les nutriments sont très bien assimilés (fer, vitamines...), mieux que la plus part des suppléments et laits artificiels. C'est donc un aliment à privilégier le plus longtemps possible et il n'est pas rare de voir des bébés souffrant de reflux ou d'allergie préférer téter plutôt que de manger solide, et cela bien au delà de 6 mois, sans problème de santé particulier . A noter qu'au delà de 6 mois d'allaitement exclusif, le lait maternel ne couvre parfois pas la totalité des besoins, notamment en zinc et fer. Un apport complémentaire en vitamines peut être prescrit par le médecin selon la situation de santé de l'enfant.

 

 

Quels sont les risques de carences chez la mère allaitante ?

Le taux lacté de calcium, de magnésium, de phosphore, de sodium et de potassium n’est pas affecté par l’alimentation maternelle. En particulier, une étude a constaté que le taux lacté de calcium était indépendant des apports de la mère.

On peut théoriquement calculer les pertes en micronutriments des mères allaitantes à partir des taux de minéraux contenus dans le lait maternel. Il y a 5 micronutriments pour lesquels l’augmentation des besoins pendant la lactation est supérieure à 50% : les vitamines A, B6 et C, le zinc et l’iode. C’est donc théoriquement au niveau de ces nutriments que les différences entre les mères allaitantes et non allaitantes devraient être les plus importantes. L’allaitement protège vis-à-vis de la carence en fer : l’aménorrhée de la lactation abaisse les pertes en fer chez la femme, et le taux lacté de fer est bas. Le taux maternel de DHA baisse aussi pendant l’allaitement, ce qui reflète le passage dans le lait d’un acide gras important pour le développement de l’enfant. Les nutriments pour lesquels les apports alimentaires sont le plus souvent inférieurs aux apports recommandés chez les femmes allaitantes ou non allaitantes sont le calcium, le fer, le zinc, le magnésium, la vitamine B6 et les folates, ainsi que la vitamine D. Si les besoins des mères allaitantes sont plus élevés en ce qui concerne certains nutriments, l’impact d’un apport alimentaire insuffisant sur leur taux lacté sera variable. Pour bon nombre de minéraux, le taux lacté est stable quel que soit le statut maternel, ce qui pourra aggraver la carence maternelle.

Si l’alimentation maternelle n’a guère d’impact sur le taux des principaux constituants du lait hu¬main (protéines, lactose, cholestérol, calcium…), elle peut avoir un impact important sur le profil qualitatif des lipides lactés et sur le taux de certaines vitamines liposolubles. Le taux de lipides lactés est positivement corrélé à l’index de masse corporelle de la mère. Si les études ont démontré que le taux lacté de lipides n’était pas affecté par l’alimentation, cette dernière a cependant un impact important sur la qualité des graisses lactées. Par exemple, une alimentation riche en calories mais pauvre en lipides a pour résultat la présence dans le lait de triglycérides à chaîne plus courte, pouvant être synthétisés à partir des glucides. Les acides gras à chaîne moyenne semblent synthétisés par la glande mammaire de façon indépendante de l’alimentation, dans la mesure où leur taux lacté n’est pas affecté par les apports maternels. Le taux lacté des acides gras à très longue chaîne est fonction des apports alimentaires maternels. Le taux lacté de cholestérol est constant.

Extrait de http://www.lllfrance.org/Dossiers-de-l-allaitement/DA-67-Implications-de-lalimentation-maternelle.html

 

 

Impact de la supplémentation sur la production lactée

La production lactée augmente en fonction de la de¬mande de l’enfant, mais cette dernière dépend de la façon dont l’enfant est suffisamment nourri ; cela peut donc tour¬ner au cercle vicieux : un enfant malnutri est plus faible, tète moins efficacement, et stimule donc moins la production lactée. On peut donc penser qu’en cas de malnutrition ma¬ternelle et de stagnation staturo-pondérale de l’enfant, sup¬plémenter la mère permettra d’augmenter la production lactée, ce qui augmentera l’appétit de l’enfant, et donc sa croissance. Une étude de Donnen et al a suivi des femmes zaïroises souffrant de malnutrition, qui ont reçu un supplé¬ment apportant 500 kcal/jour et 18 g de protéines. Cela n’a pas modifié la production lactée maternelle, mais a eu un impact favorable significatif sur le statut nutritionnel mater¬nel et infantile. Il semble donc bien qu’un meilleur statut maternel permette d’augmenter le taux lacté total d’azote (protéique et non protéique). En revanche, le taux lacté de calcium, de magnésium, de phosphore, de sodium et de potassium n’est pas affecté par l’alimentation maternelle. En particulier, une étude a constaté que le taux lacté de calcium était indépendant des apports de la mère, de son statut pour le calcium et pour la vitamine D. Mais une augmentation des apports maternels en iode et en sélénium augmente le taux lacté de ces minéraux.
Extrait de http://www.lllfrance.org/Dossiers-de-l-allaitement/DA-67-Implications-de-lalimentation-maternelle.html

 

 

Importance de la qualité des acides gras contre l'obésité

Les variations qualitatives des lipides lactés pourraient avoir un impact sur le risque d’obésité chez l’enfant. En particulier, les acides gras en oméga-6 sont de puissants promoteurs de l’adiposité. L’exposition du fœtus et de l’enfant allaité à des taux nettement plus élevés d’acides gras en oméga-6 pourrait être l’un des facteurs responsables de l’augmentation de l’obésité actuelle.
Extrait de http://www.lllfrance.org/Dossiers-de-l-allaitement/DA-67-Implications-de-lalimentation-maternelle.html

 

 

Le calcium

Le lait de vache est une bonne source de calcium, mais c'est aussi un allergène très fréquent dans la petite enfance (allergie au lait de vache et intolérance au lait de vache). Dans le cadre d'un régime d'éviction des produits laitiers, on peut trouver du calcium dans d'autres aliments en les consommant régulièrement et en quantité suffisante.

Aliments qui contiennent naturellement du calcium :
- les laits animaux (vache, brebis, chèvre...)
- les choux verts (brocoli, chou frisé, chou chinois…)
- les légumes à feuilles vertes (épinard, cresson…)
- les légumineuses (lentilles, soja), les fruits secs (figues, dattes…)
- les oléagineux (amande et sésame complets…)
- les céréales complètes
- les algues, les poissons (sardines ou saumon avec leurs arrêtes) et coquillages
- les eaux minérales

Le taux de calcium présent dans le lait maternel reste stable, peu importe le régime alimentaire de la mère. Donc l'alimentation de la mère allaitante doit être simplement équilibrée, mais pas spécialement "enrichie" en calcium contrairement aux adages couramment entendus. Toutefois, pour la mère allergique (IPLV, APLV, maladie coeliaque) ou carencée en calcium, il est recommandé d'envisager une supplémentation surtout pour lui éviter des problèmes de santé, plus qu'à son nourrisson.

Pendant l'allaitement, les besoins en calcium du bébé sont couverts. En effet, tant que votre bébé est allaité, exclusivement ou pas, il n’y a pas de risque de carence en calcium. En effet, même diversifié et s'il tète encore suffisamment, il peut recevoir sa dose journalière de calcium via le lait maternel. Les laitages et les laits infantils ne sont donc pas une étape obligée.

Chez l’enfant qui ne tète plus ou pas et qui est allergique au lait de vache et/ou aux autres laits animaux, le médecin peut proposer un apport en calcium complémentaire par médication.

On veillera également à ce que l'enfant ne soit pas carencé en vitamine D, celle-ci permettant au calcium de bien être assimilé par l'organisme. La mère d'un bébé intolérant à la vitamine D, peut très bien prendre elle-même la vitamine D à de fortes doses (jusqu’à 6000 UI/jour selon certains auteurs), car celle-ci passe dans le lait matenel et profite au bébé. A noter que le calcium sous forme de compléments alimentaires (cachet, gélule…) est très souvent issu du lait de vache et peut causer des réactions chez des personnes particulièrement sensibles. Une alternative intéressante et peu coûteuse, est le carbonate de calcium vendu en vrac en pharmacie (poudre de synthèse chimique ou d'origine marine, qui sert habituellement de base pour fabriquer des comprimés).
Les sources végétales de calcium http://www.dietobio.com/dossiers/fr/calcium/sources.html

 

 

Carence en vitamine D

Lorsqu’une carence en vitamine D est possible (mère d’origine africaine, mère faiblement exposée au rayonnement solaire), une supplémentation en vitamine D pourra être utile. Une supplémentation à des doses nettement plus élevées que la moyenne (jusqu’à 6000 UI/jour selon certains auteurs) augmentera le taux lacté de vitamine D, et optimisera le statut de la mère et de l’enfant pour cette vitamine.
Extrait de http://www.lllfrance.org/Dossiers-de-l-allaitement/DA-67-Implications-de-lalimentation-maternelle.html

La mère d'un bébé intolérant à la vitamine D, peut très bien prendre elle-même la vitamine D à de fortes doses (jusqu’à 6000 UI/jour selon certains auteurs), car celle-ci passe dans le lait matenel et profite au bébé.
Très peu d’aliments contiennent de la vitamine D : huiles de poisson (huile de foie de morue), jaune d’œuf, beurre et foie.
Redécouverte de l’importance de la vitamine D http://www.lllfrance.org/Dossiers-de-l-allaitement/DA-80-Redecouverte-de-limportance-de-la-vitamine-D.html

 

 

Vitamine B12 et alimentations végétarienne et végétaliste

"Peut-on suivre un régime végétarien ?
Un régime végétarien contenant certains produits animaux dérivés, comme le lait, les produits laitiers ou les œufs, est généralement équilibré. Les femmes qui ne mangent pas de viande mais consomment des produits laitiers ou des œufs n'ont généralement pas de problème d'allaitement. Avec un régime ne contenant aucun de ces aliments (comme le végétalisme et certains régimes macrobiotiques), une mère doit s'assurer un apport de vitamine B12 d'une manière ou d'une autre. De nombreux végétariens utilisent des compléments alimentaires pour la vitamine B12." *1
*1 Extrait de Allaiter Aujourd'hui n° 64

 

"En 2001, 2 cas de déficit neurologiques induits par une ca¬rence en vitamine B12 (cobalamine) ont été rapportés chez de jeunes enfants en Géorgie (USA). Tous deux étaient allaités par des mères végétaliennes. Cet article présente ces deux cas.  Le premier a été hospitalisé à 15 mois pour une léthargie, une sévère anémie, et une stagnation staturo-pondérale. Sa mère était végétalienne depuis 7 ans. L’enfant a été allaité pendant 8 mois, puis a reçu une alimentation végétalienne. Une carence importante en vitamine B12 a été diagnostiquée. L’enfant a été réalimenté par sonde nasogastrique, et a reçu des suppléments de vitamine B12. La mère a reçu elle aussi de tels suppléments. L’IRM cérébrale a constaté une importante atrophie. A 28 mois, le niveau de développement neurologique de cet enfant était compris entre 9 et 12 mois suivant les domaines. *2

Le second enfant a été amené en consultation à 30 mois pour stagnation staturo-pondérale et retard modéré du dévelop¬pement. Sa mère était végétarienne depuis 20 ans, mais consommait très peu de produits animaux, et prenait de temps à autres des suppléments de vitamine B12. Il avait été exclusivement allaité jusqu’à 9 mois, puis avait commencé à recevoir une alimenta¬tion végétarienne. Il a été évalué à plusieurs reprises par des spécialistes en raison de son retard de développement. Un taux urinaire élevé d’acide méthylmalonique a été constaté à plu¬sieurs reprises, mais ce n’est qu’à 30 mois que le diagnostic de carence en vitamine B12 a été confirmé. L’enfant et sa mère ont été traités par suppléments de vitamine B12. 6 mois après le début du traitement, l’enfant présentait encore un léger retard du développement neurologique, mais on pouvait considérer que ce développement était globalement normal. *2

La principale cause de carence en vitamine B12 chez les bébés et les bambins est la carence maternelle, dont l’impact se manifeste entre 4 et 8 mois chez les enfants allaités. Cette carence est difficile à diagnostiquer, en raison d’une symptomatologie peu spécifique. Les principaux signes cliniques sont la stagnation staturo-pondérale et le retard du développement neurologique. Sous traitement, ces signes régressent ; toutefois, il pourra y avoir des séquelles neurologiques définitives, dont la gravité sera fonction de la sévérité de la carence et de sa durée. La vitamine B12 est naturellement présente presque uniquement dans les produits animaux. Les végétariens, et plus encore les végétaliens, devront habituellement veiller à consommer des produits enrichis en vitamine B12 (céréales…) ou à prendre des compléments, tout particulièrement les femmes enceintes et allaitantes. Ces femmes devront recevoir des informations sur les risques liés à une carence en vitamine B12 chez leurs enfants, et ces derniers seront suivis régulièrement à la recherche de signes de carence." *2
*2 Extrait des Dossiers de l'allaitement n° 58

 

 

 

+ d'info