Allaiter ne doit pas faire mal. Toutefois, une mycose digestive peut se manifester, pendant l’allaitement, par une mycose mammaire et engendrer des douleurs.

 

 

 

Comment diagnostiquer une mycose mammaire?

A ses symptômes très caractéristiques : douleur pendant toute la tétée et entre les tétées, sensation de brûlure ou de verre pilé dans le mamelon, élancements type coups de poignard dans le sein parfois jusque dans le dos, le moindre effleurement de tissu comme une serviette de bain est douloureux, le mamelon peut parfois être irrité, rose vif, desquamé, crevassé. On peut aussi constater un vasospasme (= blanchiment aléatoire et douloureux du bout du mamelon) http://www.lllfrance.org/Surmonter-les-obstacles/Vasospasme-du-mamelon.html

Il n'existe pas d'examens (analyse du lait maternel) fiables qui puisse révéler la présence d'une mycose mammaire. Les coprocultures à la recherche d'une mycose digestive sont, quant à elles, peu fiables. Toute fois, un petit test peut être facilement réalisable pour identifier une mycose mammaire. Il suffit d'appliquer  après chaque tétée, sur les mamelons et les aréoles, des compresses de bicarbonate de sodium dilué (1 cuillère à café dans un verre d'eau). Si il y a un soulagement immédiat ou au bout de quelques tétées, c'est qu'il s'agit bien d'une mycose.

Le bébé, lui, peut présenter un muguet (taches blanches sur la langue, palais, gencives qui ne s’en vont pas en grattant et qui peuvent entraîner une gène et une douleur pendant la tétée). Mais parfois la candidose n’est pas toujours visible dans sa bouche. Il peut simplement avoir l'anus irrité ou un érythème fessier et des troubles digestifs (constipation, alternance de selles dures puis mousseuses de type mousse au chocolat et mal odorantes lorsqu’il est diversifié, mauvaise haleine, une langue très chargée, blanche et épaisse). Le muguet est une affection transitoire qui disparait en général tout seul. Mais parfois, la contamination du bébé peut se faire pendant l'accouchement, au passage dans le vagin, si la mère a une mycose vaginale ou digestive, et pendant l’allaitement si la mère est atteinte de mycose mammaire.

 

 

Comment traiter une mycose ?

La plupart des mycoses et muguets se guérissent sans rechute avec un traitement antifongique. Elles sont principalement dues aux antibiotiques donnés pendant la grossesse ou l'accouchement (césarienne, perte des eaux précoce...).
Mais parfois une mycose peut durer et devenir chronique, voire s'installer dans tout le corps (mycose digestive, vaginale, mammaire, du cuir chevelu, des ongles...). C'est là que c'est plus compliqué à guérir, car les traitements qui marcheront pour une mère ne fonctionneront peut-être pas pour une autre.

 

On peut évoquer les traitements suivants:

Crèmes antifongiques en application locale sur le mamelon et dans la bouche du bébé, dont l'onguent "tout-usage" pour mamelons du Dr Newman (uniquement pour la maman) http://www.lllfrance.org/Dossiers-de-l-allaitement/DA-74-Pommade-tous-usages-a-la-mode-francaise.html

Traitement antifongique oral (Triflucan® ou Mycostatine® pour le bébé). Le Dr Newman a établi un protocole de traitement du Candida à suivre à la lettre dans le cas de mycoses tenaces http://www.lllfrance.org/Feuillets-du-Dr-Jack-Newman/Protocole-pour-le-traitement-du-Candida.html

Le Violet de gentiane http://www.lllfrance.org/Feuillets-du-Dr-Jack-Newman/Utilisation-du-violet-de-gentiane.html, l'extrait de pépin de pamplemousse (EPP http://www.lllfrance.org/Feuillets-du-Dr-Jack-Newman/Protocole-pour-le-traitement-du-Candida.html), Bicarbonate de sodium, ail cru, propolis, cure de probiotiques (bifidus, lactobacilles) pour bébé et maman (et en prévention chez la femme enceinte), etc.

Un régime alimentaire sans sucre raffiné http://www.ateliersante.ch/candida2_traitement.htm (sucreries, sucre blanc) et sans levures (champignons, levure pour pâtisserie), plus éviter les aliments qui acidifient le corps (céréales raffinées, viande en excès...).

La stérilisation ou la javellisation du linge (drap, serviette, linge de corps du bébé et de maman), des sucettes, biberons, tire lait, jouets mis a la bouche, baignoire du bébé, etc.

Certains traitements par probiotiques http://www.passeportsante.net/fr/Solutions/PlantesSupplements/Fiche.aspx?doc=probiotiques_ps, homéopathie, huiles essentielles (elles sont à utiliser avec grande prudence car elles comportent des risques pour le bébé), acuponcture, énergéticien, rebouteux...

Il faut parfois traiter localement ET en interne pour guérir. Certains de ces traitements peuvent être utilisés aussi bien en application locale que par voie orale (par exemple l’EPP). Ensuite, il faut retenir les termes du Dr Newman qui parle de la nécessité d’un traitement « agressif » (Triflucan® et Onguent par exemple) rapidement contre une mycose mammaire tenace.
Dans tous les cas, il faut traiter la mère ET le bébé en même temps, pour éviter une contamination perpétuelle et ceci sur une période longue de plusieurs semaines, voire mois. Il faut parfois aussi traiter le papa (pénis).

 

L'allaitement peut être poursuivit même pendant le traitement de la mycose mammaire, les médicaments qui ont été cités précédemment étant compatibles avec l'allaitement maternel.

 

 

Conservation du lait maternel en cas de mycose mammaire

Si l'on doit tirer son lait pour le donner à son bébé lorsqu'on est absente, il vaut mieux qu'il le boive dans les jours qui  suivent. Il vaut mieux éviter de congeler son lait lorsqu'on a une candidose mammaire et ne pas donner ce lait plus tard, lorsque la candidose sera guérie, sous peine de récidive. Toutefois, rien n’a jamais démontré que le lait humain puisse transmettre une candidose (d’autant qu’il contient des facteurs inhibant le Candida). Si on doit le réfrigérer, c'est également le moins longtemps possible. L'idéal serait que le bébé ne reçoive du lait qu'en tétant, jusqu'à ce que la mycose soit soignée. On ne peut pas non plus donner son lait au lactarium.

Ni la congélation, ni le chauffage du lait ne tue le Candida. Chauffer son lait à une trop forte température risque de le dénaturer. A l'inverse, une faible température, pourrait multiplier le Candida présent dans le lait.
Conservation du lait maternel http://www.lllfrance.org/L-allaitement-dans-la-vie-quotidienne/Conservation-du-lait-maternel.html

 

 

 

+ d'info

 

 


Témoignages

•    LLL : Deux cas de candidose mammaire
http://www.lllfrance.org/Dossiers-de-l-allaitement/DA-60-deux-cas-de-candidose-mammaire.html
"Une nouvelle tentative d’abaisser la posologie du Triflucan® s’est soldée par un échec, et Mme J repasse à une posologie de 150 mg/jour en 3 prises de 50 mg. A cette posologie, l’allaitement est possible dans de bonnes conditions, et la patiente peut envisager un sevrage progressif comme elle l’avait prévu..."

•    Staphylocoque doré
http://www.lllfrance.org/Etudes-sur-l-allaitement/Staphylocoque-dore-4-cas.html
"Elle décrivait une douleur en « coups d’épingle » dans les seins, et le bébé présentait un rash fessier [...] La consultante en lactation a estimé que la mère avait une infection à staphylocoque parallèlement à la candidose..."