Diversification alimentaire

La diversification alimentaire en cas d'allergie

 

La diversification alimentaire est une étape importante dans la vie de l'enfant et des parents. C'est également et souvent un moment attendu par l'entourage. Mais rien ne sert de se hâter, car des études ont montré que la diversification précoce (avant 4 mois) multiplie par presque 3 le risque d’eczéma et qu'elle pourrait expliquer en partie l’augmentation des allergies alimentaires.

Les experts recommandent habituellement de commencer l'alimentation solide à partir de l'âge de 6 mois en maintenant l'allaitement jusqu'à 2 ans et plus. Mais, plus important que l'âge pour débuter la diversification, il faut observer le développement de l'enfant et commencer quand il montre des signes d'intérêt pour les aliments, par exemple il tend la main pour attraper ce que l'on mange. Il est a noter que chez les enfants à reflux ou allergique, il est assez fréquent qu'ils retardent naturellement cette étape en raison de leurs problèmes de santé.

Idéalement l'introduction des solides, se fait aliment par aliment à quelques jours d'intervalles afin de pouvoir observer une éventuelle réaction allergique. Les recommandations pour diversifier un bébé varient selon 2 cas possibles :

 

 

1. Le bébé est suspecté à risque, on retarde l'introduction de certains aliments.

Un enfant est considéré à risque d’allergie quand il a au moins un parent du 1er degré allergique (père, mère, sœur ou frère). En cas de suspicion ou d’antécédents d’allergie alimentaire dans la famille, en particulier d’atopie, on retarde l'introduction de certains aliments selon les conseils suivants :

  • Repousser le début de la diversification après 6 mois et jusqu’à 1 an chez certains bébés très sensibles. Le lait maternel reste un aliment complet durant 1 an environ, avec parfois le recours à une complémentation en fer et en zinc (carences qui peuvent être induites par un allaitement exclusif au delà de 6 mois).
  • Introduire 1 seul aliment nouveau à la fois sur une période de 4 à 7 jours et observer les réactions (tenir un journal alimentaire). Le cas échéant, exclure temporairement l’aliment plusieurs mois, avant de tenter de le réintroduire. Attendre que l’état de santé de votre bébé se soit amélioré et stabilisé avant de proposer tout nouvel aliment.
  • Eviter les allergènes majeurs (œuf, lait, arachide, blé, etc).
  • Ne pas forcer à manger, ne pas imposer d’aliments particuliers, ni de quantité. Progresser pas à pas au rythme de votre bébé. Ecouter et respecter ses signes de dégoût d’un aliment, qui peuvent être une manière de se protéger.
  • Cuisiner par vous-même avec des aliments simples et nobles pour pouvoir éviter plus facilement les allergènes. On sait que la plus part des réactions apparaissent après la consommation d'aliments à la composition complexe, autrement dit préparés industriellement. Evitez d’utiliser des préparations pour bébé composées d’un trop grand nombre d’ingrédients, dont parfois des allergènes majeurs.

La Société Française de Pédriatrie conseille, pour les bébés à risque d'allergie, d'éviter les aliments réputés très allergisants pendant la 1ère année. Plus précisément, elle recommande de bannir de manière préventive, l’arachide, les noisettes, les amandes et autres fruits oléagineux, de proposer des farines sans gluten au-delà du 6ème mois et retarder au-delà de la fin de la 1ère année l’œuf, les fruits de mer, le kiwi, le céleri, la moutarde, les épices.

 

 

2. Le bébé a une allergie avérée, on supprime les aliments responsables des réactions.

Chez l'enfant dont l'allergie ou l'intolérance alimentaire a été mise en évidence, soit par des tests, soit par des symptômes évocateurs, soit par un test d'élimination alimentaire avec disparition des symptômes, on pratiquera l'éviction du ou des aliments qui causent les réactions, ceci de manière plus ou moins stricte selon la tolérance de l'enfant. Ce régime hypoallergique sera menée par la mère tant qu'elle allaitera et aussi durant la diversification lorsque l'enfant mangera des aliments solides. A cette éviction, sera ajouté l'application des conseils de précaution cités au paragraphe précédent.

Pour savoir comment mener un régime d’éviction, consultez notre rubrique Régimes.

Il existe des plannings d’introduction alimentaire mentionnant le type d’aliments à proposer en fonction de l’âge du bébé. Malheureusement, on trouve tout et son contraire et ces recommandations évoluent dans le temps. D'autre part ces plannings-là, sont généralement prévus pour des bébés non-allergiques. Chez un bébé allergique ou intolérant alimentaire, c'est de toute façon difficile de suivre ce type d'échéance, puisqu'il est conseillé d'attendre une période sans symptômes, sans maladies infectieuses (rhumes, gastro...), en dehors d'une vaccination, etc, pour introduire un nouvel aliment. Chez un enfant très sensibles, on peut donc se retrouver avec un intervalle de plusieurs semaines ou mois entre l'introduction de 2 nouveaux aliments différents.

La diversification alimentaire d'un bébé allergique prend en général plus de temps que chez l'enfant non-allergique. Ce qui est important, c’est d’écouter votre bébé et de vous fier à sa capacité de tolérer ou non un aliment, d'observer l'évolution des symptômes et de suivre son rythme sans presser les choses.

 

 

 

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