Les conseils de diversification sont habituellement prévus pour le bébé nourrit aux laits artificiels. Mais, pour un bébé allaité, les besoins alimentaires sont différents et l'introduction des solides peut être menée autrement.

 

 

Quand ?

Il fut un temps où l’on recommandait d’introduire les céréales, la viande, les légumes… dès 2 mois. On est heureusement revenu de ces folies. Actuellement, tout le monde est d’accord pour attendre 6 mois avant de proposer à l’enfant autre chose que du lait. Dans la brochure du ministère de la Santé parue en 2005 "La santé vient en mangeant et en bougeant – Le guide nutrition des enfants et ados pour tous les parents", on peut lire par exemple : « Jusqu’à 6 mois, l’allaitement exclusif au lait maternel, ou au “lait” infantile, couvre tous les besoins alimentaires de votre bébé. Autrefois, la diversification alimentaire des bébés se faisait plus tôt, vers 4 mois voire avant. Mais aujourd’hui, il est fortement recommandé de ne pas la commencer avant 6 mois. *

 

Comment ?

Cela peut se faire très simplement. Vers 6 mois (ou un petit peu plus tard), si le bébé est présent au moment du repas familial, par exemple sur les genoux de son père ou de sa mère, il va commencer par s’intéresser de plus en plus à la nourriture, suivre des yeux le trajet de la fourchette de l’assiette à la bouche du parent, réclamer sa part par des cris, et carrément mettre la main dans le plat pour se servir ! Il n’y a alors plus à tergiverser : il est sans aucun doute prêt pour les solides ! *

Pour autant, si l’on ne fait pas le forcing, les solides peuvent rester longtemps des « à-côtés » du lait, qui complètent et non remplacent l’allaitement. C’est d’ailleurs ce qu’il est conseillé de faire si l’on souhaite que l’allaitement se poursuive : ne pas vouloir remplacer une tétée par un repas, garder un allaitement à la demande (et dans ce cas, le nombre de tétées, loin de diminuer au fil des mois, peut rester constant tout au long de la première année), proposer d’abord le sein et ensuite les solides. C’est ce que recommande l’OMS quand elle parle d’introduire des « aliments complémentaires sûrs et appropriés, avec poursuite de l’allaitement jusqu’à l’âge de 2 ans ou au-delà ». Dans ce cas, pendant plusieurs mois, la part la plus importante de l’alimentation peut toujours être fournie par le lait, l’enfant se contentant d’explorer les aliments à son rythme, goûtant un fruit tel jour, mâchouillant un boudoir le lendemain. *

Quand on procède ainsi, il importe peu de commencer par tel ou tel aliment, et les tableaux alimentaires qu’on trouve dans tous les manuels de puériculture n’ont pas grande utilité. On veillera simplement à ne pas introduire plus d’un aliment nouveau à la fois et à éviter avant 1 an les possibles allergènes (même si des études très récentes remettent en cause cette recommandation : trop retarder l’introduction de tout un tas d’aliments pourrait augmenter… le risque d’allergie). *

Il n’est pas nécessaire non plus de préparer des plats spéciaux pour le bébé (ni d’acheter des petits pots, même s’ils peuvent être utiles en dépannage) : on trouvera généralement dans la nourriture familiale des choses qui lui conviennent. S’il est évident que votre enfant ne doit pas risquer de s’étouffer en ingurgitant de trop gros morceaux, il n’est pas besoin non plus de tout réduire en bouillie, bien au contraire. Lorsqu’un bébé est prêt pour les solides, il aime manger des morceaux (même si, au début, vous les retrouvez intacts dans la couche !) et même ronger des choses dures, telles qu’un quignon de pain. Il faut savoir qu’un bébé allaité digère mieux et plus tôt les aliments solides qu’un enfant nourri au lait industriel, car le lait maternel contient des enzymes qui l’aident à digérer les gras, les protéines et les féculents. *

Un jour, les solides prendront le pas sur le lait, sans qu’on n’ait jamais eu besoin de se battre avec un bébé rétif à se laisser « gaver », sans batailles autour de la nourriture, sans longues préparations spéciales pour bébé et sans achats massifs de petits pots. *

 

* Extrait du livre : "Maman bio" de Claude Didierjean-Jouveau et Martine Laganier

 

 

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