Pratiquer une éviction alimentaire peut être dans un premier temps déroutant. En effet, dès que l'on sort des classiques références de notre cuisine occidentale "lait, blé, oeuf", parce qu'on y est allergique, c'est presque toute les denrées commercialisées que l'on se voit interdites. Alors, il serait intéressant de ne pas penser l'éviction comme "manger sans", mais plutôt comme "manger différemment".

 

Il existe une gamme de denrées alimentaires qui permet de substituer l'aliment éliminé. On peut les trouver en magasins biologiques, sur Internet et maintenant dans certains rayons diététiques de grandes surfaces. En faisant des recherches sur Internet, on trouve toute une variété de sites de recettes "sans". Certains sites proposent même une sélection des recettes par type d’ingrédients à éviter. Mais il n’est pas toujours possible de remplacer certains aliments. Dans ce cas, mieux vaut détourner le problème en découvrant d’autres aliments et d’autres astuces culinaires.

 

L'on peut, par exemple, piocher des idées dans la cuisine d'autres pays, dans les recettes végétariennes qui utilisent souvent plus de légumes variés, ou encore dans la production biologique qui propose souvent, de paire, des aliments anciens ayant disparus de nos étalages du marcher. Là, tout à coup, il ne s'agit plus de manger "sans ", mais "autrement" ! Et l'on (re)découvre de nouvelles saveurs, de nouveaux accompagnements, un nouveau plaisir de cuisiner...

 

Commencez par faire un tri dans vos armoires. Cela évite de conserver des denrées qui deviendraient tentantes, bien qu'à éviter. En lisant attentivement les étiquettes de composition des produits, on apprend vite à repérer les aliments permis, des aliments à bannir. Il reste ensuite de la place pour apporter dans vos placards toute une liste d'ingrédients et aliments nouveaux et très prometteurs.

 

Prévoyez un peu plus de temps, au début, pour faire vos courses. Vous repérerez rapidement les rayons et magasins qui vous permettront de trouver un chocolat "sans" ou une sauce "sans", etc. Le plus simple étant de vous approvisionner en aliments bruts, chez de petits commerçants : Une pièce de boeuf à hacher vous même, plutôt qu'un steack haché bien souvent bourré d'additifs; des fruits et légumes frais à la place de purées, soupes, compotes, desserts ou fruits au sirop, qui ont souvent une composition élaborée aux ingrédients variés.

 

Vous allez devoir renfiler le tablier ! Cuisiner "sans" rime bien souvent avec cuisiner "soi-même". Cuisiner-maison avec des aliments frais et non transformés est le meilleur moyen de connaitre les ingrédients qui composent vos plats, puisque c'est vous qui les faites ! En cas de réaction il sera plus facile d’isoler l’aliment responsable. C'est également, une manière de trouver un plaisir à déguster ce que vous avez mijoter et qui vous permettra de vous sentir moins "exclue" à cause de ce régime. Et oui, les petits plaisirs d'un crumble maison ou d'une mousse au chocolat, ne sont pas l'exclusivité des "mangeurs avec" !

 

Passez-vous des plats prêts à l’emploi, qui comportent une trop grande variété d’ingrédients dont souvent des allergènes majeurs. Vous éviterez ainsi une possible confrontation avec l'allergène. Voyez le bon côté des choses, avec ce type de régime vous retrouverez aussi une alimentation plus saine, des goûts originaux et authentiques.

 

Dans certains cas, le recours à des aliments biologiques est à privilégier chez certains bébés très sensibles, intolérants aux additifs (conservateurs, colorants, sulfites) ou aux produits chimiques (pesticides sur les fruits) ou à des traces d'aliments présents fortuitement dans les préparations industrielles. A défaut, une cuisine-maison à base d'aliments frais, sans l'usage de conserves ni de denrées prêtes à l'emploi, limite déjà sérieusement le risque de réactions.

 

Cuisiner le même repas pour toute la famille est moins contraignant que de faire des menus "sans" individuels. Comme il n'est pas toujours possible de remplacer l’aliment exclu, il est souvent mieux vécu de rompre ses habitudes alimentaires pour découvrir de nouveaux aliments et de nouvelles recettes. Un tas d’astuces sont également délivrées dans des sites ou forums spécialisés. En faisant des recherches sur Internet, en farfouillant au rayon recettes de votre librairie, en échangeant sur des forums, vous deviendrez vite un petit chef cuistot aux idées alléchantes !

 

Faites vous aider ! Vous pouvez consulter un diététicien ou un nutritionniste pour l’élaboration de menus appétissants et pour palier à d’éventuelles carences dues au régime d'éviction (surtout en cas de poly allergie, réactions à plusieurs aliments différents). Déléguez les tâches matérielles, car la préparation de repas sur mesure est une charge de travail supplémentaire et, surtout, quotidienne. A noter que toute mère peut bénéficier d'une aide ménagère prise en charge par la CAF (sous condition de ressources) les 3 premiers mois après la naissance et dès le premier enfant.

 

Et maintenant, bon appétit !

 

 

 

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