J'ai la poitrine nue et Lola contre moi. Elle a la grippe. Elle est fiévreuse et frissonne. Elle tète. Elle tète à vide, à plein, elle tète et elle tète. Je regarde avec curiosité mon mamelon qui dépasse à peine de sa bouche et qu'elle malaxe, tire et suce dans tous les sens... Je ne sens rien !

Je me penche alors sur son visage, sa bouche, comme si une fenêtre s'ouvrait, et je regarde. Je trouve ses joues aussi chaudes, aussi douces et aussi rondes que mon sein. Ils ont la même couleur poudrée, mélangeant intimement ces deux chairs en une seule. Je me concentre un peu plus, mais ne sens rien. Rien de particulier.

Je suis au spectacle. Je ne sais plus très bien quel prolongement de qui va dans quel sens. Si c'est mon mamelon dans sa bouche ou ses mains qui débordent de partout, tripotent, glissent, attrapent, malaxent et guident le sein dans la bouche pour avoir encore un peu plus de lait.

"Je ne sens rien" commence à résonner comme un signal d'alerte qui m'éveille d'un coup tout entière ! Je ne sens plus rien ??? .... Et je me replonge raisonnablement dans cette observation fine, ouvrant doucement une porte vers de nouvelles sensations, comme le sentiment de découvrir pour la première fois mon bébé. Puis il y a l'envie de me laisser porter par ces signaux sensuels que je n'avais encore jamais explorés jusque là.

Quelques larmes arrivent, viennent troubler ce moment onirique, marquant, j'ai encore du mal à le croire, indéniablement, le fait que cette interface n'est enfin plus : la douleur de la mycose mammaire !

Fanette