Dès les 1ers jours à la maternité, j’ai repéré très vite des signes de reflux gastrique chez Rémi (pleurs et grimaces avant et après l’émission de rots, régurgitations douloureuses, réveils intempestifs, encombrement ORL). Je les connaissais par cœur, puisque ma fille ainée a souffert plusieurs années de reflux gastro-oesophagien.

 

Puis, il se couvrit d'eczéma résistant aux traitements, sur le crâne, le visage, les épaules et genoux. Celui-ci disparut vers 4 mois grâce à mes observations, qui ont conduit à supprimer totalement de mes menus, les agrumes (dont excipient de nombreux médicaments), poissons (dont gélules de médicament), carotte-céleri-fenouil-anis-persil (dont tisanes d’allaitement), banane-kiwi-avocat-châtaigne, moutarde-colza. Le reflux, lui, perdura et s’aggrava. Une fibroscopie mit en évidence un cardia lâche et une oesophagite de grade 2, alors qu'il prenait déjà un traitement depuis l'age d' 1 mois ! Le dosage en a été doublé, le maximum pour son âge et poids selon le pédiatre. Pourtant, ça ne fut pas suffisant pour stopper les douleurs et les complications de santé (remontées acides sans régurgitation, fausses-routes, affections ORL chroniques, otites séreuses, beaucoup de pleurs inconsolables, sommeil allongé impossible, alimentation solide impossible et il ne semblait rien supporter, via mon lait,  de ce que je mangeais !). Les tests allergologiques ont uniquement révélé une allergie retardée aux lait et œuf (prick-tests sur le bras positifs 8h plus tard et Diallertest* positif), alors que je n’en consommais pas du tout, y étant moi-même allergique. Tous les autres aliments testés étaient négatifs.

Sans autre alternative, face à sa souffrance qui durait depuis 6 mois, j'ai instauré chez moi un régime, le plus "neutre" possible, exclusivement composé de riz-poulet-nature, sans même d’huiles, ni aromates, ni herbes, puisque Rémi réagissait déjà à beaucoup de végétaux. En 3 jours, il ne présentait plus aucun signe de douleur et pouvait enfin dormir plusieurs heures d’affilée sans se réveiller en hurlant. Une première ! Malheureusement, à la moindre tentative de réintroduction d’un aliment, c’était la rechute. Pourtant, il fallait bien que je puisse manger plus varié !

J’ai alors tenu un journal détaillé de la composition de chacun de mes repas et entrepris des réintroductions régulièrement. La tâche fut facilitée par le fait que je cuisine déjà tout moi-même et que je ne consomme pas les produits commercialisés, qui comportent des ingrédients trop variés.
Pour tester si un aliment convenait ou pas, j'en mangeais une faible quantité pendant 3 jours, suivi de 3 jours sans. Je notais chaque réaction minutieusement. Rémi avait, en particulier, l’eczéma qui flambait 48h après un repas qui posait problème. La méthode "3 jours avec / 3 jours sans" permettait de laisser le temps aux symptômes d’apparaître, puis de disparaître, avant d’introduire un autre aliment. D'autre part, une réintroduction sur un laps de temps plus court aurait pu être parasitée par une détérioration ponctuelle de santé pour cause annexe (poussée dentaire, inconfort digestif temporaire, maladie, etc) et n’aurait pas été interprétable. Je choisissais d’introduire également en dehors de toute autre modification volontaire qui aurait pu influencer son état de santé (nouveau médicament ou vaccination). Cette méthode était très laborieuse, mais elle m’a permis de confirmer la sensibilité de Rémi aux aliments que j’excluais déjà et d’en découvrir de nouveaux. L’allergologue approuva cette technique et compléta son diagnostic selon mes observations. Il m’expliqua aussi que ce n’est pas extraordinaire qu’un jeune nourrisson soit sensible à une famille complète d’aliments (ex. le groupe latex = banane, kiwi, avocat, châtaigne).

J'ai dû maintenir chez moi cette alimentation appauvrie 4 mois durant. Heureusement, le riz blanc vapeur façon asiatique est facilement accommodable sucré ou salé et je ne m’en lassais pas. J’ai différé la diversification alimentaire chez Rémi et j’ai contacté maintes fois les médecins, pédiatres et spécialistes jusqu’à obtenir une prise en charge correcte de sa douleur. La démonstration de celle-ci se faisait rarement durant la consultation, mais plutôt la nuit. Faut dire aussi que je faisais tout mon possible pour limiter son reflux (portage et maternage intensifs) et que je ne donnais pas la tétée avant de partir en rendez-vous pour éviter les hurlements dus aux rots coincés pendant l’heure qui suivait. Il fallut 20mg d’oméprazole par jour, soit 4 fois la dose initiale, pour que Rémi commence à aller mieux. Il avait 11 mois et a enfin pu manger solide, dans un 1er temps uniquement du riz cuit nature. Je crois que les évictions strictes que j’ai menées ont permis à son système digestif d'être moins agressé en attendant que le traitement face effet et que sa maturité digestive et immunitaire progresse.

Ce fut une période très difficile pour moi. Mon physique a été mis à l'épreuve (perte de poids, épuisement), mon moral ébranlé (dépression). Je me suis entourée de personnes empathiques pour tenir tant bien que mal (famille, amies allaitantes, association LLL et forum "RGO et Allergies" où j’ai rencontré des mères dans le même cas de figure). Pour m’éviter des carences, un apport en vitamines et oligoéléments était nécessaire. Mais les compléments sans excipients allergisants sont rares et coûteux, ce qui limita l’accès à une supplémentation efficace. J'ai cru que je ne tiendrais jamais ! J’ai mis plusieurs fois en balance l’allaitement, bien que le lait maternel reste l'aliment le plus indiqué face à ce genre de pathologies, m’avait-on rassuré. Je gardai précieusement une prescription de lait artificiel hypoallergénique, au cas où… mais aucun n’était approprié pour Rémi, notamment à cause des protéines de lait et d’huile de colza ajoutées. Heureusement, mon lait restait équilibré et riche pour Rémi, qui conserva une bonne croissance.

A 1 an, il marchait et la verticalité a dû contribuer à limiter un peu son reflux. J'ai également entamé une désensibilisation par la kinésiologie (méthode NAET) qui a permis d’élever le seuil de tolérance pour certains aliments, tout du moins chez moi qui souffre aussi d’allergies. Toutefois, le sommeil de Rémi restait haché de nombreux réveils en pleurs (en moyenne toutes les 2h, contre toutes les heures auparavant). Visiblement, il n’enchaînait pas les cycles de sommeil tout seul et son transit le gênait. La constipation fréquente majorait les remontées gastriques. Il ne faisait caca que pendant la sieste ou la nuit, comme s’il fallait qu’il soit totalement détendu pour que ça arrive. Il avait besoin d’être aidé pour pousser, maintenu en suspend au dessus des WC et encouragé comme un sportif !

A 15 mois, j’élargis plus franchement mon alimentation et Rémi apprécia la variété en piochant dans nos assiettes. En 2 mois, je réussis à introduire presque tous les féculents et céréales. Il en mange à chaque repas, mais encore peu de légumes et de viande. Certains aliments provoquaient toujours un pic de reflux, parfois accompagné d’eczéma (poissons, moutarde-colza, viande de porc, fruits à coque, certaines épices). Cependant, il se délecte de tous les fruits exotiques pourtant réputés allergisants ! D’autres aliments semblent maintenant tolérés seulement si c’est moi qui les consomme en faible quantité (pomme, poire, carotte, beurre). Il réagit encore en mangeant des laitages, bien que les tests allergologiques soient devenus négatifs pour le lait de vache. Mon allergo m'a bien expliqué, qu’en allergie, c'est l’état clinique qui prime sur les tests. Rémi a donc toujours un terrain allergique bien ancré.

A 17 mois, un peu par hasard, je change de marque de médicament contre son reflux. Tout à coup, il dort paisiblement 2h30 à 3h d’affilée à la sieste et est beaucoup moins agité entre les réveils nocturnes ! Je lis dans la composition du Mopral®, que celui-ci ne contient pas de maïs contrairement à l'oméprazol qu’il prenait jusque-là. Je repense aux bouillies que je lui préparais régulièrement à base de polenta ! Je comprends aussi pourquoi malgré l’ajout de légumes à fibre, de 3 à 5 pruneaux par jour et de graines de lin trempées (laxatif), ses selles demeuraient très sèches et compactes. Ca n’est vraiment que lorsque j’arrête définitivement les aliments à base de blé que Rémi fit de nouveau caca dans ses couches, discrètement sans effort, ne perturbant pas ses jeux. La congestion nasale a parallèlement disparu. Il ne ronfle plus la nuit, respire plus profondément, sans gêne, s’endort facilement et ne se réveille plus qu'1 à 2 fois pour faire pipi ou caca, mais sans hurler. Je découvre là, un enfant apaisé, enthousiaste, intéressé et plus ouvert au monde, moins bougon. Il a vraiment meilleur appétit. Mais, les réintroductions ou écarts alimentaires engendrent toujours un reflux, même si celui-ci semble moins douloureux qu’auparavant. C’est vraiment ma vigilance pour éviter les allergènes, qui, aujourd’hui à presque 2 ans, maintient Rémi sans aucun symptôme. Une situation difficile, qui fait que je pousse au sevrage afin de retrouver une alimentation plus équilibrée. Ce qui me donne espoir dans l’histoire, c’est la guérison spontanée de Lola à 5 ans. Elle souffrait des mêmes maux au même âge et elle peut maintenant manger de tout.

Fanette

 


Fibroscopie sans anesthésie d'un bébé

Cela faisait un an que je clamais que mon bébé avait un reflux depuis sa naissance. Aucun des 5 médecins différents que j'ai pu voir ne m'écoutait ou ne me croyait. C'est en consultant un énième pédiatre, qu'il vit à la simple consultation que ma fille âgée de 12 mois avait non seulement un reflux mais aussi une oesophagite. Pour confirmer ce diagnostic, ma fille du passer une fibroscopie. L’examen s’est très bien déroulé, sans anesthésie, mais sous "calmant" administré par un suppositoire.

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Courbes de poids spécifiques pour bébés allaités

Ca faisait longtemps que je voulais faire la comparaison pour vérifier... je l'ai faite hier, et j'en ressors d'autant plus convaincue.
Ce billet s'adresse donc à toutes les mères qui allaitent et qui supportent des remarques désobligeantes de la part de leur médecin, pédiatre, puéricultrice, etc... concernant l'évolution du bébé, qui "grossit trop", ou "ne prend pas assez de poids".
Il faut savoir que les courbes de poids des carnets de santé sont basées sur des moyennes prises sur des bébés non-allaités, qui ont donc une évolution typique de bébés biberonnés.

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Lait maternel, elle n'aime que ça !

Lola a un reflux depuis sa naissance. Elle est allaitée. Les conditions particulièrement difficiles qu’induit le reflux gastro-oesophagien (RGO), m’a fait remettre en cause l’allaitement plusieurs fois. Mais… Lola n’aime pas le lait de vache et le peu qu’elle en ait mangé, a engendré des régurgitations de lait caillé. Elle est allergique au soja (vomissements). Et puis, elle a refusé tous les "laits" végétaux, sauf le "lait" de riz. Mais celui-ci la constipe ! Alors, qu’aurais-je fait si je n’avais pas allaité ?

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Troubles digestifs chroniques à cause du blé

On m'a toujours décrite comme une enfant "difficile" pour manger et, cela, déjà tout bébé. Mais, chaque fois que je mangeais, j'étais ballonnée et j'avais de fortes douleurs au ventre.

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Selles vertes et intolérance au gluten

Vers 4 mois, mon bébé, exclusivement allaité, a commencé brusquement à faire des selles vertes, et plusieurs fois par jour (4-6), qui sentent très, très mauvais. Avec des gaz, mousseuses parfois, vert fluo presque, plus que liquides, quelquefois avec des glaires (mucus). Je ne me suis pas inquiétée.

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Un besoin permanent de contact

Savannah était un bébé très tonique, elle tenait sa tête à la naissance et l'examen médical était très difficile parce qu'on ne pouvait pas la "déplier". Il lui fallait un contact physique quasi constant, impossible ou quasi impossible de la poser, ou alors avec d'infinies précautions et des méthodes de sioux, mais comme elle dormait par tranches d'un quart d'heure... C'était un bébé ultra sensible, qui sursautait au moindre bruit, elle avait un réflexe de Moro très fort, par exemple, si elle était dans mes bras, face à moi et je commençais à me pencher en avant, ses bras s'écartaient de suite et elle hurlait, c'est aussi pour ça qu'on ne pouvait pas la poser.

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