Après avoir allaiter aux signes d’éveil, j’ai tenté de pratiquer la diversification aux signes d’envie. Et l’envie s’est faite ressentir vers 5 mois et demi alors que Lola tenait assise dans sa chaise haute. Elle manifestait un vif intérêt à table. Mais un contexte d’allergie alimentaire, plus précisément d’intolérances alimentaires, a compliqué la chose.



Entre 5,5 mois et 6 mois, j’ai commencé doucement à proposer des fruits crus et des légumes cuits écrasés ou en morceaux fondants. Mais elle a eu beaucoup de gènes digestives (reflux, coliques). J'ai donc repoussé à plus tard l'introduction des solides et suis repassée à l'allaitement exclusif.

Vers 8 mois, j'ai repris le travail. Je tirais mon lait avec un tire-lait, mais pas en quantité suffisante pour poursuivre l’allaitement exclusif. J'ai donc réintroduit vers 9 mois, les légumes et les fruits. Mais la encore, c'était trop tôt car Lola a été très gênée par de la constipation et du reflux (elle a un reflux gastro-oesophagien depuis sa naissance). Je ne lui donnais donc que du potiron, de la courgette et de la poire cuite qu'elle tolérait bien, en plus de mon lait.

En fait ça n'est que vers 10 mois qu'elle m'a semblé prête pour la diversification et qu'elle s'est montrée désireuse de goûter à tout ce qu'on mangeait. J’ai donc suivi le mouvement et j'ai varié les légumes proposés. Si tout se passait bien, c'est à dire en dehors d'une crise de reflux ou d’un rhume assez fréquent à cause de son RGO, j’en introduisais un nouveau par semaine (carotte, navet, poireau, brocoli, haricot vert ou fenouil…).

Puis, vers 11 mois, j'ai donné en plus du lait de riz pour la faire patienter le soir chez la nounou. Mais j'ai dû vite arrêter car elle était constipée. Par la suite, j'ai eu l'idée de lui donner de la soupe de légumes, qui a très bien fait l’affaire. Ma préoccupation était de lui fournir des repas consistants pendant mon absence, bien que Lola tétait encore fréquemment (6 à 8 tétées en soirée et la nuit). Mais la diversification avançait trop progressivement au rythme de sa capacité à digérer.

Vers 13 mois, elle ne mangeait pas encore de céréales et je n’avais toujours pas trouvé un créneau sans troubles digestifs ou maladies pour introduire la viande, les légumineuses et l’œuf. Sur une période d’un mois, profitant de sa curiosité culinaire, j'ai donc essayé d'introduire des choses plus nourrissantes. Mais le lait de soja lui a provoqué des vomissements importants. La viande et le poisson lui donnaient de l’eczéma. Les petits pois et lentilles corail, du reflux et des coliques. Et elle ne voulait pas fromage, ni petit-suisse. J'ai aussi essayé le lait de chèvre et d'amande, mais elle n'aimait pas. Seuls la pomme de terre et le poulet étaient bien tolérés. C’est donc ce qu’elle mangeait quotidiennement, accompagné de légumes variés et de compote de poire. Elle raffolait aussi du kiwi.

Vers 14 mois, Lola a commencé à réclamer systématiquement des solides à chaque repas, en plus des tétées. J’ai donc composé un repas pour chaque moment de la journée avec seulement ce qu’elle tolérait à peu près bien. Elle mangeait donc sensiblement chaque jour : 1/2 banane et des céréales (quinoa/riz) au lait de riz au petit déjeuner, purée de pomme de terre/légumes et poulet le midi, compote de poire et 1/2 banane au goûté, soupe de légumes à 18h, purée de légumes (ou du riz plus rarement car il la constipait) et avocat au souper. Avec toujours l’allaitement à la demande, qui lui était indispensable !

Puis, vers 15 mois, j'ai tenté le jaune d'oeuf cuit. Mais, les 3 miettes qu'elle a bien voulu avaler lui ont donné de l’urticaire, dans un contexte de vaccination avec un vaccin cultivé sur souche d’œuf (ce que je n’ai su qu’après coup malheureusement).

Ca n'est qu’entre 18 et 20 mois, une fois son reflux bien atténué par un traitement (Mopral*) et les affections ORL devenues rares, qu'elle a réussi à manger des légumes crus (radis, concombre, carottes) et fruits crus (kiwi, clémentines, et plus tard encore du raisin et de la pomme). Elle se délectait de tout un tas de fruits de saison ! Son état de santé étant plus stable, on a varié les viandes, du simple poulet à la pintade, l’agneau, le canard et le lapin. Il y eut aussi les petits pois, les raisins secs, l’abricot sec et la pomme cuite, puis crue, de nouveau dans son alimentation. Mais le porc, le bœuf et le poisson provoquaient toujours de l’eczéma sur son visage, certes plus faible qu’auparavant, et le lait de vache des régurgitations. J’ai pu doucement aussi proposer quelques douceurs, comme du chocolat « sans » et des biscuits ou gâteaux-maison « sans ».

Après un premier essai catastrophique d’introduction du blé à 16 mois (ballonnement, excitation, hyperactivité, insomnie) et du quinoa (ballonnements, coliques), il a fallu attendre l’age de 27 mois pour que la situation se débloque. Elle s’est mise à réclamer des yaourts, des biscuits au blé, qu’elle semble tolérer en très en faibles quantités. Elle a aimé les lentilles, le porc et les crevettes sans trop de gènes.

A 29 mois, nous avons toujours un doute quant au lait de vache qui semble accentuer son reflux. La prochaine étape serait de réintroduire l’œuf.

C’est pour moi, un lâcher-prise réconfortant et surtout une contrainte de moins, puisque je n'ai plus à faire d’éviction particulière pour Lola malgré la poursuite de l’allaitement.

fanette