Pourquoi une mycose mammaire dure si longtemps? D'abord je ne savais pas qu'allaiter ne doit pas faire mal. Parce que la douleur s’est amplifiée insidieusement et progressivement sur plusieurs semaines avant que la situation devienne intenable.

Parce que personne n’avait vu que mon bébé trainait un muguet depuis plusieurs mois. Parce que la mycose mammaire est inconnue des médecins, qui plus est lorsqu’il n’y a aucune lésion visible et c’était le cas. Parce qu’ensuite, j'ai du batailler contre la crainte des médecins à prescrire des médicaments à une femme qui allaite. Pourtant, le Triflucan® et l'onguent du Dr Newman sont compatibles avec l'allaitement. Parce que le médecin pro-allaitement enfin trouvé après avoir consulté pédiatre, gynécologue, dermatologue ou encore sages-femme, il m’a fallu encore attendre 3 semaines supplémentaires pour obtenir l’onguent préparé spécifiquement par une pharmacie de Paris.

Mis bout à bout, tout ça fait déjà rien que 7 mois de souffrance auxquels il faut ajouter 5 semaines de traitement antifongique et encore 2 mois d’application régulière de l'onguent. Ca fait 10 mois au total avant de pouvoir découvrir ce qu’est la douceur d’une tétée... et seulement 4 mois de rémission avant le retour des douleurs, mais heureusement moins fortes !

Pourquoi cette mycose revient-elle? Parce qu’elle aime les terrains comme le mien, atopique, poly-intolérant alimentaire, au système immunitaire déréglé par des maladies auto immunes (thyroïdite, suspicion de maladie coeliaque). Parce qu’elle s’installe au plus profond de mon corps, à l’intérieur de mes cellules et se manifeste alors par des mycoses chroniques, vaginales, digestives, cutanées ou mammaires. Parce que les champignons, dont fait partie le Candida Albicans, sont des organismes très résistants aux traitements, qui s’adaptent aux pires conditions et qu’il faut les avoir autrement.

Autrement, c’est-à-dire par : Un régime d’exclusion des champignons, levures, alcools et sucres rapides dont il raffole ; la modification du PH digestif en buvant par exemple du bicarbonate de sodium dilué et en consommant des aliments alcalins (céréales complètes, légumineuses, beaucoup de légumes) ; l’usage d’antifongiques naturels comme l’extrait de pépin de pamplemousse (EPP) et l’ail ; des cures de violet de gentiane en application locale ; un traitement de fond par homéopathie (Monilia Albican) ; des traitements phytothérapiques (échinacée, berbéris, propolis) ou d’huiles essentielles (Tea Tree) ; la prise quotidienne de pro-biotiques pour rééquilibrer la flore intestinale ; l’utilisation du savon d’Alep pour me laver les seins ; la stérilisation ou javellisation de tout ce qui touche mes seins (tire-lait, coquilles, coussinets, sous vêtement…) et la bouche de bébé (sucette, anneaux de dentition, jouets… ; en ne portant plus de soutien-gorge, ni de vêtements synthétiques parce que ça irrite, à la place du pur coton pour éviter d’entretenir un milieu chaud et humide particulièrement propice au développement du candida.

Malheureusement chez moi ça n’a pas suffit. Et le siège contre ce champignon dure et s’installe sur la longueur, puisque cela fait plus de 2 ans maintenant que je co-allaite avec cet intrus, qui parasite ma relation avec Lola.

Il la parasite parce que je donnais le sein avec retenue, craignant le retour des fortes douleurs au moindre coup de fatigue, seulement en position "madone parfaite" essayant de minimiser au maximum les autres sources d’irritation (une mauvaise position du bébé, les tétouillages d’1h durant, les poussées dentaires, le tripotage du mamelon par sa menotte…), limitant parfois la durée de la tétée quand ça devient vraiment trop désagréable ou évitant de susciter l’envie d’une tétée si elle me voyait nue par exemple.

Parce que, au pire de la douleur, je ressentais chaque réflexe d’éjection comme une coulée brûlante d’acide dans les canaux lactifères jusque sous l’aisselle. Parce que chaque mouvement de succion me donnait l’impression que sa langue était en papier ponce. Parce que le vasospame (maladie de Raynaud) associé matérialise visuellement la douleur interne, par ailleurs invisible, de cette mycose. Parce que depuis toujours, un protocole de soins accompagne chacune des tétées, peu importe si elles sont fréquentes et de nuit. Parce que Lola et moi nous re-contaminons sans cesse. Parce qu’il y a tout simplement une interface entre nous, la douleur.

Mais je ne perds pas espoir. En ce moment j’allaite avec peu de douleur, voire exceptionnellement pas, en appliquant sur mes mamelons 1 goutte d’EPP parfois mélangée à 1 goutte de Liniment® maison (plus liquide pour effectuer la dilution de l’EPP). Plus les mois passent, moins Lola tète, plus le sevrage approche et moins j’ai de lait, moins j’ai mal. La seule issue semblerait donc être le sevrage, que je souhaite naturel, lorsque Lola le désirera. En attendant, le bonheur qu’une tétée procure à ma fille suffit à passer outre cette douleur.

fanette


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