La maladie coeliaque (MC) est une maladie auto-immune chronique. C’est une intolérance au gluten, encore appelée entéropathie ou allergie non IgE médiée (hypersensibilité de type IV) au gluten. Sa particularité réside dans ses symptômes. On constate une destruction de la paroi intestinale.

C’est le gluten, protéine du blé encore désignée gliadine ou prolamine, qui est a l’origine de la maladie (alpha-gliadines dont la toxicité persiste après digestion). Ses mécanismes ne sont pas encore éludés. Ce qui fait la différence entre une simple intolérance au gluten et une MC, est la présence de prédispositions génétiques. 
Gluten et maladie cœliaque (page 44)

Des facteurs environnementaux joueraient également un rôle dans le déclenchement de la maladie coeliaque (infections intestinales, âge d'introduction du gluten, allaitement maternel qui pourrait retarder ou réduire l’apparition de la maladie). 

Elle peut se déclarer aussi bien chez les enfants que chez les adultes. Elle touche plus particulièrement les femmes. C’est une maladie qui se conserve à vie, même s'il peut exceptionnellement y avoir des périodes de rémissions. 

Les populations à risques sont : les diabétiques, les Trisomiques 21, les apparentés au premier degré (10% de risque) et les vrais jumeaux (70% de risque), les personnes atteintes d’autres maladies auto-immunes, de déficit en anticorps IgA ou traitées à l’Interféron-alpha (contre certains cancers). 



Symptômes 

Ce qui caractérise aujourd’hui la maladie coeliaque et qui la différencie d’une simple intolérance au gluten, est ladestruction de la paroi intestinale. Celle-ci peut être plus ou moins importante et a de graves conséquences sur la santé. Elle engendre une perte des nutriments, des vitamines et aboutie à une dénutrition, des carences et peut provoquer des cancers. 

La maladie coeliaque peut s’exprimer sous plusieurs formes : 
- Digestive :

- Atrophie des villosités intestinales
Syndrome de malabsorption de nombreux éléments nutritifs (fer, acide folique, calcium, vitamines liposolubles, protéines) ;
Anémie et autres carences multiples (oligoéléments et vitamines)
- Dénutrition, fonte des muscles, cassure et stagnation de la courbe de croissance chez l’enfant après introduction du gluten (entre 6 et 12 mois en général) ; à l’inverse 30% des MC sont liées a une obésité au moment du diagnostic
- Diarrhée chronique ou aiguë et/ou constipation
- Nausées avec ou sans vomissements
- Flatulences, ballonnements, douleur et spasmes intestinaux
- Perte d’appétit

- Cutanée : dermatite herpétiforme (plus souvent constatée chez l’adulte masculin), neuropathie, arthrite inflammatoire. 
- Neurologique: fatigue chronique, tristesse, apathie, adynamisme, dépression ou anxiété, ataxie, neuropathie périphérique, encéphalopathie, myopathie. 
SOS gluten : La maladie cœliaque peut avoir une présentation neurologique

Des complications peuvent êtres constatées surtout en l'absence de traitement : 
- Risque accru de cancers digestifs (lymphomes du grêle, cancers de la bouche, du pharynx, de l’œsophage, adénocarcinome). 
- Pathologies auto immunes (diabète, thyroïdite, hépatites, lupussyndrome de Sjogren, maladie d’Addison, maladie de Grave, etc...). 
- Risques d’ostéoporose chez l’adulte. 
- Troubles du métabolisme (diabète de type I, hypoglycémie, cholestérolémie, intolérance au lactose…). 
Signes et symptômes associés à la maladie coeliaque et l'intolérance au gluten

L’évolution des symptômes est différente selon les individus. 
Il existe plusieurs stades dans la maladie coeliaque : 
- Asymptomatique, c’est à dire silencieux sans destruction des villosités intestinales, mais qui n’exclut pas d’autres troubles (anémie…). 
- Peu symptomatique, c’est à dire que les symptômes peuvent êtres ténus et s'installer chroniquement sur plusieurs années. On apparentera souvent cette forme au syndrome de l’intestin irritable
- Symptomatique, c’est à dire avec atrophie villositaire qui peut d’ailleurs être plus ou moins importante. Certains stades symptomatiques (diarrhée aigue, stagnation de la croissance, amaigrissement rapide) peuvent se déclarer brutalement entre l’âge de 20 et 40 ans, après une période asymptomatique. 

La frontière entre intolérance au gluten (sans destruction de la paroi intestinale) et maladie coeliaque est donc très floue ce qui en complique le dépistage.



Réactions croisées 

Il n'existe pas véritablement de réactions croisées (la coexistence de l’allergie aux céréales *(page44) et de la maladie coeliaque semble être rare), mais plutôt des réactions secondaires à la maladie coeliaque : 

L’intolérance au lactose accompagne souvent la maladie coeliaque. Il est donc parfois nécessaire de supprimer, ou limiter, temporairement sa consommation de produits laitiers. 
Signes et symptômes associés à la maladie coeliaque et l'intolérance au gluten
- Une sensibilité aux protéines de lait de vache peut parfois se rencontrer chez des malades coeliaques, en particulier lorsque des symptômes gastro-intestinaux persistent malgré le régime sans gluten. 
Réaction de la muqueuse à la protéine de lait de vache chez les cœliaques
- Un syndrome de l’intestin irritable peut se manifester durant la maladie coeliaque. Certains aliments peuvent alors être mal tolérés et déclencher des troubles digestifs, sans pour autant qu’il s’agit de véritable allergie, ni intolérance alimentaire. Il est conseillé d’éliminer ces aliments de son alimentation. 

Les conseils d’un nutritionniste ou d’un diététicien peuvent être très utiles. Ils permettent de continuer à manger de façon équilibrée malgré les évictions, et d’éviter les carences alimentaires. 



Diagnostic 

Aujourd’hui, le diagnostic de la maladie coeliaque repose sur l’existence d’une atrophie des villosités de l’intestin. Les formes asymptomatiques sans destruction de la paroi intestinale ou atypiques, sont considérées comme étant de simples intolérances au gluten. 

1- L’examen par excellence est la coelioscopie. On pratique au moins 2 fibroscopies avec prélèvements (biopsies) de l’intestin grêle. La première est faite sous une alimentation normale (avec gluten) pour constater l'atrophie des villosités intestinales. La seconde endoscopie est faite après plusieurs mois d'exclusion du gluten, pour constater la repousse des villosités. Pour que ce dépistage fonctionne, il faut bien évidemment, ne pas avoir déjà commencé une éviction du gluten. Des biopsies de contrôle peuvent être nécessaires chez les coeliaques adultes, 1 à 2 ans après avoir amorcé une diète sans gluten. 
Diagnostic de la maladie coeliaque sous éviction su gluten
Comprendre votre intestin et vos biopsies intestinales

2- Parallèlement, on effectue un bilan sanguin à la recherche : 
- de taux élevés d’anticorps IgM et IgA anti-gliadine ainsi qu’anti-transglutaminase (aussi appelés anti-endomysium ou anti-réticuline) qui sont les plus spécifiques de la maladie coeliaque. 
- associé à des IgM anti-ovalbumine et anti-lactoglobuline, ainsi qu’à des marqueurs génétiques (spécificités HLA de classe II-B8, DR3 et DR7). 
Leurs résultats  varient en fonction de la gravité de l’atrophie villositaire et il peut exister des tests négatifs malgré l’existence de la maladie. 
Limites des tests sérologiques et de la biopsie
Plus d’infos sur les tests et le diagnostic

3- Récemment, un dépistage par analyse de selles est à l’étude. Ce test est plutôt pratiqué aux USA et n’est pas pris en charge par la Sécurité Sociale française. Ce test fécal permet un diagnostic définitif de la maladie cœliaque, jusqu’à six mois après le début d’une diète sans gluten. 

Le diagnostic de la maladie coeliaque est difficile à établir de par la variété et l’intensité possibles des symptômes (forme asymptomatique ou formes symptomatiques, villosités intestinales plus ou moins attaquées) et aussi parce que les médecins ne sont pas toujours sensibilisés à cette pathologie. Le nombre de MC serait donc sous estimé. La prévalence était de 1/1000. On parle aujourd’hui d’1/300 personnes atteintes en Europe avec une majorité de cas diagnostiqués à l’âge adulte. 
Pourquoi, les médecins sont-ils souvent incapables de reconnaître une maladie cœliaque et une sensibilité au gluten?



Traitement, éviction 

On ne connaît pas encore de traitement contre la maladie coeliaque. Le seul traitement qui existe est un régime, à vie, d'exclusion stricte et totale du gluten, en évitant toute trace. La médecine actuelle recommande d’appliquer la diète sans gluten uniquement dans le cas d’une atrophie villositaire sévère (de grade Marsh 3 sous-totale ou totale), bien que dans la plupart des cas l’éviction apporte une amélioration de santé. 
Précisions sur la classification Marsh

1- Supprimer le gluten permet une guérison. La paroi intestinale repousse (délais de 6 à 12 mois), les symptômes disparaissent progressivement et les risques de cancers diminuent. Il existe de rares cas de MC persistante malgré l'éviction du gluten (sprue réfractaire). 

Mais l’exclusion stricte du gluten n’est pas facile à faire, particulièrement en dehors de chez soi, et contraint à tout préparer soi-même. En effet, la quasi totalité des denrées commercialisées contient du gluten, soit de manière naturelle (farines, pâtes, pâtisseries, pains…), soit sous forme d’additifs alimentaires (agents texturants, rétenteurs d’eau ou substituts aux protéines animales dans les viandes, saucisses, soupes, plats cuisinés, etc). Il nécessite une surveillance et un contrôle permanents de la composition des aliments consommés. 
Il est même parfois nécessaire de réserver du matériel et ustensiles de cuisine spécifiques à la cuisine sans gluten (grille-pain, machine à pain, spatules en plastique plutôt qu’en bois…) pour éviter toute contamination par d’autres aliments contenant du blé et utilisés par le reste de la famille. 
Reconnaître les aliments contenant du gluten
Etiquetage des denrées commercialisées
AFSSA : Etiquetage de certains aliments "sans..." (page 5)[url=../upload/2ff5ea405bcdd4a3054e0d849b5343cc.pdf#page=55]
Plus d'informations sur les excipients des médicaments

D’autre part, la maladie coeliaque peut engendrer une intolérance au lactose et une sensibilité au lait de vache secondaires et oblige à supprimer aussi les laitages de son alimentation. Il est donc fortement conseillé d’être suivi par un diététicien ou un nutritionniste pour permette de manger équilibrer malgré les différentes évictions à pratiquer. 

2- Une supplémentation en vitamines et oligoéléments est souvent nécessaire pour « réparer » les dégâts causés par la MC : acide folique (vitamine B9), vitamine B12, vitamine B6. Elle n’est malheureusement pas toujours proposée et il faut parfois s’adresser à un nutritionniste ou à un diététicien qualifié. 
Tableau d'aliments à privilégier pour compenser les pertes en nutriments
Les vitamines du groupe B améliorent la santé des coeliaques

3- "Les probiotiques ont démontré leur capacité à réduire la toxicité du gluten. Les études ont montré un effet bénéfique des bactéries probiotiques additionnées au gluten contenu dans le pain. Ils peuvent êtres spécialement bénéfiques chez les coeliaques voulant se protéger contre l’exposition à une contamination croisée. Les probiotiques peuvent aider à guérir un intestin devenu poreux à cause du gluten même chez les coeliaques." 1

4- L'allaitement maternel a un effet préventif sur la maladie coeliaque.
"Une méta-analyse a conclu à une réduction de moitié du risque d’apparition d’une maladie coeliaque chez les enfants allaités au moment de l’introduction du gluten par rapport aux enfants non allaités. On ne peut néanmoins pas exclure qu’il ne s’agisse que d’un retard à l’apparition des symptômes de la maladie.
Plusieurs hypothèses ont été émises :
– moindre quantité de gluten consommée liée à la poursuite de l’allaitement, avec un moindre risque de développer des symptômes de maladie coeliaque ;
– prévention des infections gastro-intestinales qui pourraient jouer un rôle de cofacteur dans l’apparition de cette maladie ;
– effet immunomodulateur du lait de femme interférant entre les peptides toxiques du gluten et le système muqueux intestinal, et favorisant ainsi le développement de la tolérance vis-à-vis du gluten ;
– l’allaitement est associé à une réduction de moitié du risque de maladie de Crohn ou de rectocolite hémorragique."2


1 Extrait de SOS Gluten : Les probiotiques et leurs bénéfices pour votre santé 
2 Extrait du rapport n°408 de l'INPES sur la santé de l'homme http://www.inpes.sante.fr/SLH/pdf/sante-homme-408.pdf


Aliments à exclure 

Il faut supprimer de manière stricte et à vie toutes les céréales contenant du gluten (gliadine) : froment, blé dur, seigle, orge, triticale (hybride du seigle et du blé), kamut, épeautres (grand épeautre et petit épeautre)avoine (selon certaines études, il semblerait que l’avoine pur et non contaminé soit toléré en faibles quantités) et tous leurs dérivés et additifs (amidon, liant, agent de texture, protéines végétales…). Le maïs et le riz ne posent pas de problèmes pour les malades coeliaques (les expressions « gluten de maïs » et « riz glutineux » décrivent simplement les propriétés visqueuses de ces céréales). A noter que le sarrasin, communément appelé "blé noir" n’est pas une céréale, le quinoa non plus, et peuvent donc être consommés. 

Il faut consommer avec une extrême prudence les denrées commercialisées. Celles-ci contiennent très souvent de l'amidon ou du gluten. Le blé est souvent utilisé comme liant, comme sucre (glucose, dextrose, maltodextrine…), comme support d’arômes et de vitamines. Même les additifs, dont on aurait enlevé le gluten, peuvent en contenir des traces qui pourraient poser problème au malade coeliaque. On en trouve donc pas seulement dans les pâtes, le pain et les pâtisseries, mais également, par exemple, dans les plats prêts à l’emploi, les viandes préparées (jambon, charcuterie), les épices, les soupes, bouillons cube, la plupart des sauces, certains jus de fruits et compotes, entremets, les confiseries et certains sucres (sucre glace), certains vins et vinaigres et même certains enrobages à base de gluten pour les fruits et légumes. 

L’utilisation du blé ou du gluten est donc très large et c’est toute une panoplie d’aliments que l’on se retrouve à devoir exclure et à préparer soi-même (cf. l'article Eviction : cuisiner autrement). Il est donc très important debien lire les étiquettes de tout ce que vous consommez, y compris les médicaments qui contiennent souvent des excipients à base de blé (amidon, gluten). 

Depuis 2005, un décret européen rend obligatoire de mentionner sur la liste des ingrédients la présence volontaire de gluten dans les denrées alimentaires qui en contiennent. Toute fois, il n’existe aucune garantie légale contre la présence de traces par contamination fortuite. Il faut tout de même privilégier les produits de substitution portant la mention "fabriqué dans un atelier sans gluten". La mention "sans gluten", quant à elle, indique une teneur en gluten ne de?passant pas 20mg/kg (taux considéré non toxique pour les malades coeliaques) dans le produit fini. 
Etiquetage des denrées commercialisées
Etiquetage de certains aliments "sans..." (page 5)[url=../upload/2ff5ea405bcdd4a3054e0d849b5343cc.pdf#page=55]
Plus d'informations sur les excipients des médicaments
Eviction du gluten : Aliments permis / interdits



Remplacer le blé 

Le blé peut être facilement remplacé par d’autres céréales ou par d’autres végétaux naturellement sans gluten : 
- Le riz, le maïs, le quinoa, le sarrasin, l’amarante, les millets, sous leurs formes variées (farines, semoules, flocons pour le petit déjeuné…). 
- Les féculents comme la pomme de terre, la patate douce, la betterave. 
- Les oléagineux (amande, noisette, noix de cajou, sésame…) que l'on trouve aussi en purée. 
- Les légumineuses (soja, châtaignes, lentilles, pois chiches, pois cassés…) en farines ou en flocons pour réaliser des terrines, crêpes, croquettes de légumes. (! Attention toutefois aux grains de blés cachés dans les lentilles même biologiques ! Mieux vaut les trier avant de les cuire). 
- La levure de boulanger peut aisément remplacer la levure chimique. Il existe également des levures "sans gluten" souvent à base de maïs. On peut également utiliser le bicarbonate de sodium, en particulier pour la confection de biscuits. 
- Les farines de riz, châtaigne, soja, quinoa, lentille, pois-chiche ne contiennent pas de gluten. 
- Les fécules de maïs et de pomme de terre peuvent être incorporées dans des pâtisseries pour les lier. Il faut toutefois veiller à ce qu’elles soient fabriquées sans trace de gluten, avec la mention "Fabriqué dans un atelier sans gluten". Des traces de gluten par contamination fortuite peuvent suffire à raviver la maladie. S’il n’y a aucune précision sur l’emballage, mieux vaut appeler le service consommateur. 

La Sécurité Sociale française prend en charge, en partie, le remboursement des produits de substitutions estampillés "sans gluten". On peut les trouver en magasin biologique, sur Internet et de plus en plus dans les rayons diététiques de certaines grandes surfaces.

 

 

 

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