Lorsqu'on suspecte une réaction allergique, on peut mettre en place un régime d'éviction de manière empirique, en supprimant transitoirement l'aliment suspecté. On observe alors s'il y a disparition ou pas des symptômes, puis s'ils réapparaissent au moment de la réintroduction de l'aliment. Cette technique est souvent utilisée pour diagnostiquer les intolérances alimentaires et les allergies aux réactions peu sévères.

 

 

Comment isoler l’aliment responsable des réactions ?

Si les tests d'allergologie n'ont pas permis de mettre en évidence l'aliment responsable des réactions, vous pouvez de manière relativement simple pratiquer une éviction-test de certains aliments suspects afin d'isoler le responsable, mais seulement dans le cas de réactions peu sévères.

Eliminez d'abord un aliment précis de votre alimentation, celui sur lequel vous avez des doutes, pendant une  à deux semaines et observez si l'état de santé de votre bébé allaité s'améliore. Si vous aviez dernièrement modifié quelque chose dans votre alimentation ou que vous aviez mangé en grande quantité un aliment, vous devriez supprimer cet aliment là en premier. Pensez également au lait de vache que vous consommez et qui pose souvent problème aux bébés. S’il n'y a aucune amélioration, essayez d'éliminer d'autres aliments (en priorité les allergènes majeurs) durant au moins 15 jours, un à la fois, et surveillez votre bébé pour voir si les gènes disparaissent. Si son état de santé semble s'améliorer quand vous avez éliminé plusieurs aliments, et seulement si les réactions initiales ne sont pas trop graves, essayer de réintroduire un aliment à la fois en petite quantité, en restant vigilante afin d'isoler le véritable responsable de la réaction.

En cas de doute, quand le responsable reste indéterminé, pensez à retirer en premier lieu le lait de vache ou d'autres allergènes majeurs : oeuf, blé, arachide, noix diverses, moutarde, poissons, etc.

 

Si vous cuisinez par vous même vos repas, il sera plus facile de repérer l’aliment qui fait réagir votre bébé. La nourriture prête à l’emploi comporte, elle, souvent une trop grande variété d’ingrédients pour s’y retrouver.

Tenez un journal alimentaire, en y notant la composition exacte de tous les repas pris dans la journée et les réactions survenues dans un délai de 24 à 72h. Les réactions franches et immédiates, survenant juste après la consommation d'un aliment, sont en général vite identifiées. Par contre, les allergies où les symptômes apparaissent plusieurs heures, voire plusieurs jours plus tard, sont souvent plus difficiles à repérer. Tenir un cahier alimentaire sur une durée de plusieurs semaines peut vous permettre d’isoler, par recoupement de situations qui se répètent, le ou les aliments responsables. Pour le nourrisson exclusivement allaité, c'est la mère qui notera ce qu'elle mange, tout en observant l'apparition de symptômes chez son bébé. Même si cette méthode est laborieuse, elle permet, au final, de supprimer  seulement les aliments qui posent problème et vous évitera d’avoir à maintenir, dans le doute, une éviction trop vaste et trop contraignante.

 

 

Régime d'éviction strict ou pas, comment trouver le seuil de tolérance du corps ?

Certains bébés réagissent à de très petites quantités ingérées, voire des traces d'aliment, alors que d'autres pourront en manger une belle portion avant de déclencher une réaction. Le régime d'éviction sera alors plus ou moins strict. En se basant sur les résultats des tests, mais surtout sur l’écoute de votre bébé, l'allergologue pourra identifier son seuil de réactivité (= dose minimale d’aliment qui déclenche la réaction) et  déterminer ce qu'il faudra exactement supprimer de l'alimentation.

Pour déterminer le seuil de tolérance, l’aliment responsable des réactions est supprimé de l’alimentation de la mère qui allaite ou du bébé diversifié, jusqu’à la disparition des symptômes. Ensuite, on le réintroduit en commençant par de très petites quantités, puis en augmentant progressivement les doses jusqu’à la réapparition des symptômes. Ceci permet d’établir la quantité limite tolérée pour éviter une réaction. Cette méthode est appliquée seulement pour des réactions qui ne sont pas trop sévères.

En fonction de ce seuil, vous devrez exclure de manière plus ou moins stricte l'aliment impliqué, en jouant sur plusieurs tableaux. C'est à dire en excluant par exemple : seulement l’aliment responsable et/ou toute la famille d’allergènes à laquelle il appartient et/ou ses allergènes croisés, ceci dans votre alimentation pendant l'allaitement exclusif, mais parfois encore tant que l'enfant diversifié continue à téter. Rien ne vous empêche, sauf s'il s'agit de symptômes graves, d'y aller à tâtons en durcissant ou assouplissant l'éviction pour trouver le juste équilibre entre contraintes alimentaires et bonne santé du bébé. N'oubliez pas que votre petit bébé grandit très vite et que le régime d'éviction ne sera peut-être pas à faire très longtemps. Certaines allergies et intolérances alimentaires disparaissent au fur et à mesure que la maturité digestive du bébé se développe (souvent avant 3 ans).

Dans le cas de symptômes graves (choc anaphylactique, œdème de Quincke, urticaire géant…) on pratique en général et par mesure de précaution et d'entrée de jeu, une éviction la plus stricte possible. On supprime alors totalement l'aliment sous toutes ses formes, y compris les additifs dont il est issu et les traces possibles, parfois mentionnées sur l'emballage du produit acheté.

Le soutien d’un nutritionniste ou d’un diététicien peut être utile, particulièrement en cas de polyallergies ou polyintolerances (= sensibilisation à plusieurs aliments), pour éviter les risques de déséquilibre alimentaire et de carences. Il est parfois nécessaire de supplémenter en vitamines et oligoéléments.