On pourrait croire qu'il n'y a pas besoin de préparer un rendez-vous chez un médecin, au contraire. La prise en charge médicale d'un bébé allergique est souvent pluridisciplinaire. Selon les symptômes, la mère peut être amenée à consulter un allergologue, un dermatologue, un ORL ou un gastroentérologue, etc. Et il n'est pas toujours facile de se faire entendre.

Mieux vaut que ce soit vous, les parents, qui constituiez le dossier médical afin de le présenter aux différents médecins qui suivent l'enfant. Pensez aussi à ramener le journal alimentaire, les étiquettes d'emballage d'aliments suspects ou toute autre information tirée de l'observation de votre bébé à la maison. Ces informations seront précieuses pour établir le diagnostic.

Le parcours médical est souvent compliqué pour établir un diagnostic ou pour obtenir une prise en charge correcte de la douleur et des symptômes de l'enfant. Certains parents témoignent qu'il n'est pas toujours évident de se faire entendre, surtout lorsque la mère allaite. L'allaitement a bon dos et, bien souvent, la faute est rejeté sur lui ou sur la mère qui serait trop fusionnelle. Parfois encore, les parents se confrontent à une banalisation systématique de la situation et s'entendent dire que "l'eczéma, c'est normal et ça disparaîtra avec le temps" ou encore qu' "on ne peut pas faire de tests allergologiques sur un jeune nourrisson et qu'il faut attendre". Cependant, les semaines passent et le bébé hurle toujours, se tord de coliques ou se gratte de plus en plus. Les parents doivent parfois développer une grand énergie pour que cette petite boule de souffrance soit considérée à juste titre.

 

Voici donc quelques conseils pour mettre toutes les chances de votre côté et vous faire entendre. A vous de prendre ceux qui vous semblent utiles dans votre cas.

  • Au niveau des habits, 2 approches possibles : soit faire un effort, soit au contraire pousser le trait pour que vos habits reflètent votre épuisements physique et mental du quotidien. Personnellement, je prendrais la première option pour un rendez-vous en cabinet et la deuxième pour une consultation aux urgences.
  • Vous renseigner avant la consultation. Si vous ne maîtrisez pas le sujet, le docteur en face de vous va facilement vous faire gober n’importe quoi. Par contre, ne dites pas que vous êtes une assidue des forums et/ou d’internet, les docteurs n'aiment pas ça, ils ont tendance à croire qu'ils ne s'y dit que des bêtises.
  • Si ce n'est pas votre première visite apportez des études scientifiques sur des sujets que vous souhaitez évoquer avec lui. Commencez à en discuter avec lui et s'il ne vous écoute pas sortez les études. Je déconseille de le faire à la première consultation ça risque de donner une mauvaise impression (du style « j'en sais plus que vous docteur »).
  • N'arrivez pas au cabinet avec le diagnostic de posé, le médecin pourrait avoir l'impression que vous empiétez sur ses plates bandes. Enumérez les symptômes et s'il ne fait pas le rapprochement, tentez un « et vous pensez pas  que ça pourrait être ... ? ». De toute manière s'il n'a pas fait le rapprochement seul vous n'avez rien à perdre !
  • Mettre par écrit l'ensemble des symptômes avec en parallèle le régime alimentaire suivi et/ou de tout ce qui vous semble important (maladie, traitement, sorties...). Prévoyez un double à laisser au médecin.
  • Mettre, également, par écrit l'ensemble des questions que vous voulez poser. Souvent avec le stress, on en oublie la moitié. N'hésitez pas à prendre un crayon et à noter les réponses au fur et à mesure de la consultation.
  • Demandez les résultats des examens par écrit, avec si possible une lettre du médecin qui vous l'a prescrit.
  • Préparez vous psychologiquement à être déçu, ainsi vous ne pourrez qu’être agréablement surpris après le rendez-vous. C’est difficile, mais on finit par y arriver.
  • Après chaque rendez-vous faîtes un résumé de la consultation, pour garder une trace et avoir quelque chose de fiable sur lequel vous appuyez si vos souvenirs s'estompent.
  • Si après un rendez-vous vous êtes particulièrement affectée et que vous commencez à vous demander si vous ne "débloquez" pas, discutez-en avec les personnes de votre entourage et surtout, faites constater les réactions et les symptômes, cela vous fera une référence impartiale et vous ancrera dans la réalité.
  • Si vous avez envie de vider votre sac (en mal ou en bien) mais que vous n'osez pas le faire en direct, vous pouvez rédiger un courrier et l'envoyer à votre médecin. Non seulement cela vous soulagera mais en plus cela pourra peut être faire avancer la pratique de ce professionnel.
  • Si malgré tout cela vous n'êtes encore pas satisfait, et bien changez de docteur, jusqu'à trouver le bon. N'oubliez pas que les enfants de moins de 16 ne sont pas soumis au parcours coordonné pour obtenir le remboursement de la Sécu.

 

Si vous consultez pour votre enfant

  • Faites vous accompagner du papa, qui pourra appuyer vos dires. les papas paraissent moins névrosés, fusionnels, maternants... Ce qui les rend plus crédibles auprès des docteurs. Le papa pourra également plus facilement taper du poing sur la table pour obtenir ce qu'il veut (par exemple le traitement que ce docteur vous refuse depuis plusieurs mois…).
  • Si vous obtenez un diagnostic demandez à ce qu'il soit inscrit dans le carnet de santé.
  • Si on vous propose un psychologue, répondez que vous êtes là pour votre enfant et que vous irez beaucoup mieux dès qu'il sera soigné.

 

 

Si vous consultez pour votre enfant aux urgences

  • Apportez le carnet de santé et toute autre chose qui vous rendra crédible auprès des médecins.
  • Si vous le souhaitez, vous avez le droit rester auprès de votre enfant. Voir la circulaire n°83-24 sur « l'hospitalisation des enfants » qui dit  « en tout état de cause, le père, la mère ou tout autre personne qui s'occupe de l'enfant doit pouvoir rester auprès de lui aussi longtemps qu'ils le souhaitent, à condition de ne pas contrarier l'action médicale ni de troubler le repos des autres malades.»
  • Si vous voyez que les choses n'avancent pas n'hésitez pas à vider votre sac sur le premier médecin qui passe par là (de préférence un titulaire). Si ça ne fait pas avancer les choses, ça aura le mérite de vous soulager.
  • N'hésitez pas à rappeler qu'il doit y avoir une prise en charge de la douleur et que l'on doit vous informer de tout traitement ou acte médical fait sur votre enfant. Les médecins ne peuvent rien faire sans votre consentement (sauf en cas d'urgence).

 

 

+ d'info