Les tests peuvent être effectués dès la naissance, et plus tôt le diagnostic est établi, mieux c'est. Mais il n’y a pas de tests miracles pour déceler une allergie ou une intolérance alimentaire, surtout chez le nourrisson à cause de son immaturité digestive, qui peut rendre un test négatif un jour et positif plus tard. Même si les tests sont négatifs, mais que votre bébé continue à réagir suite à l'ingestion d'un aliment, c'est qu'il existe belle et bien une allergie ou une intolérance alimentaire.

 

 

Etablir un diagnostic

Pour faire son diagnostic, l’allergologue se base sur tout un ensemble d’informations. D'abord et surtout l’histoire clinique des symptômes (questionnaire sur le délais d’apparition, l'intensité, leur durée…), éventuellement un journal alimentaire, puis différents tests médicaux. Les résultats des tests doivent toujours être corrélés aux symptômes.

 

Le journal alimentaire se tient sur une période de plusieurs semaines. Il consiste à noter scrupuleusement la composition précise et détaillée des repas consommés quotidiennement et les réactions survenues dans un délai de 24h à 72h. Les réactions franches et immédiates, survenant juste après la consommation d'un aliment, sont en général vite identifiées. Par contre, les allergies où les symptômes apparaissent plusieurs heures, voire plusieurs jours plus tard, sont souvent plus difficiles à repérer. Le cahier alimentaire permet d’isoler, par recoupement de situations qui se répètent, le ou les aliments responsables. Pour le nourrisson exclusivement allaité, c'est la mère qui notera ce qu'elle mange, tout en observant l'apparition de symptômes chez son bébé.

 

 

Tests les plus couramment pratiqués

Les tests cutanés (Prick-test ou Patch-test)

Ils sont souvent pratiqués en première intention.
Le prick test consiste à déposer une goutte d'allergène sur le bras et ensuite à pratiquer une piqûre à l'aide d'une petite baguette en plastique. Si dans la 1/2 h il y a une éruption cutanée, le test positif. C'est un très bon moyen d'investigation et il permet de diagnostiquer les allergies les plus communes. Il n'en reste pas moins qu'il peut être positif alors qu'il n'existe pas de manifestations allergiques, et négatif malgré la présence d'une allergie. Comme tout résultat en allergologie, il doit être interprété en fonction des symptômes.
Le patch test est plutôt la prérogative des dermatologues. Il est privilégié lors de manifestations cutanées ou de dermatite atopique (eczéma) et plutôt pratiqué en milieu hospitalier. Le test consiste à mettre en contact la peau avec un allergène pendant 48h, puis de le retirer et de lire le résultat. S'il y a une éruption cutanée, le test est positif. Ce test sert à mettre en évidence les allergies retardées de type IV. Le plus connue est celui pour l'intolérance au lait de vache.

 

Le dosage sanguin des IgE totales et des IgE spécifiques aux principaux allergènes (RAST-test)

Ils sont en général prescrits par la suite pour affiner le diagnostic. Ils permettent de diagnostiquer les allergies les plus communes. Les dosages sanguins ne sont pas considérés comme un moyen d'investigation, d'ailleurs la sécurité sociale en rembourse au maximum 5 sur une même ordonnance. Le dosage des IgE spécifiques est une façon de savoir quelle est l'importance de l'allergie. Plus les IgE spécifiques sont élevés et plus l'allergie est forte. Fait à plusieurs mois, voire années, d'intervalle ce dosage permet de suivre l'évolution d'une allergie (il faut que la méthode utilisée soit la même au long cours,  pour que les résultats soient comparables). Les résultats sont considérés comme positifs quand le seuil de 0.10 kU/l est dépassé. Mais, l’interprétation des résultats de ces tests est complexe et ne permet pas toujours de faire la part des choses. D’abord parce qu’un test positif ne veut pas dire qu’il y a véritablement allergie (= réaction du corps avec expression de symptômes). Il fait simplement état d’une sensibilisation > page 9 (= reconnaissance de l'allergène par le corps, sans apparition de symptômes). De ce fait, il n’est pas rare d’obtenir des résultats qui ne semblent pas concorder avec l’existence de symptômes ("faux négatif", "faux positifs", dermographisme qui rend l’interprétation difficile), en particulier en cas d'atopie. Ensuite parce qu’ils permettent de diagnostiquer qu’une partie des allergies, principalement celles IgE médiées de type I, alors qu’il existe 4 types d’hypersensibilités différents. Quant aux intolérances, elles échappent complètement à ces tests là !

 

Le test labial et le test de provocation orale (TPO)

Ce sont les seuls tests capables de prouver une intolérance ou une allergie alimentaire, mais sans pour autant faire la différence entre les deux. Ces tests ne sont jamais réalisés en première intention car ils comportent un risque de déclencher une réaction. Ils doivent être faits en hôpital sous surveillance médicale et ne sont pas pratiqués en cas de symptômes sévères (anaphylaxie).

 

Autres tests et examens

D'autres test encore peuvent être proposés particulièrement à la recherche d'intolérances alimentaires : dosages sanguins des IgG et d’IgA spécifiques, fibroscopie, coloscopie à la recherche d’une atrophie des villosités intestinales par exemple, tests de perméabilité intestinale, test de tolérance au lactose, etc. Certains de ces tests ne sont pas toujours faciles à mettre en place (protocoles stricts, anesthésie…) et sont particulièrement invasifs pour le jeune enfant. De plus ils sont parfois coûteux et pas toujours intégralement pris en charge par la Sécurité Sociale.

 

Le test d’élimination alimentaire ou régime d’éviction.

L'éviction d’un aliment associée à la disparition des symptômes est le moyen le plus fiable pour diagnostiquer une allergie alimentaire. C’est en particulier le test privilégié pour dépister les formes d'intolérance alimentaire. Ce test se fait sous suivi médical, mais n’est pas pratiqué en cas de symptômes sévères. Il est relativement facile à mettre en place, sauf en cas de polysensibilisation (sensibilisation à plusieurs aliments différents) ce qui implique de devoir exclure plusieurs aliments de son alimentation. Il peut aussi servir de test pour isoler l'allergène responsable des réactions, en pratiquant une élimination puis une réintroduction aliment par aliment, mais uniquement dans les cas de réactions initiales pas trop sévères. Une fois que l’aliment a été identifié de cette manière, d’autres tests ne sont pas indispensables. Le régime d'éviction alimentaire est le traitement incontournable de toute allergie et intolérance alimentaires.

 

 

 

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