Etablir le diagnostic d'un reflux gastro-oesophagien (RGO) n'est pas toujours chose évidente. De part la variété de symptômes possibles, qui peuvent s'exprimer à des degrés d'intensités différents, il arrive que le reflux malheureusement échappe au diagnostic médical pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

 

 

Etablir un diagnostic

Toute la difficulté des parents tient à trouver une écoute attentive et les mots précis pour décrire concrètement la souffrance de leur bébé. Les symptômes et le comportement du bébé sont des éléments essentiels qui permettent souvent de mettre sur la voie du reflux et qui aide le médecin à établir son diagnostic.

Toutefois, l'on constate que l'écoute des professionnels de santé et les dispositions médicales ne sont pas uniformes. Certains médecins banalisent le RGO et parlent plutôt de régurgitations du nourrisson qui passeront avec le temps. Il y en a même qui reportent la faute sur le maternage et l'allaitement maternel, déstabilisant encore plus la mère. Les uns attendront le résultat d'examens médicaux pour établir leur diagnostic, alors que les autres traiteront systématiquement même sans investigation.

Il faut retenir, qu'il faut considérer le reflux au cas par cas et que chaque situation est particulière.

 

 

Les différents examens médicaux

Pour diagnostiquer ou évaluer la gravité d’un reflux gastro-oesophagien (RGO), certains examens peuvent être effectués. Leurs résultats ne sont pas toujours probants et ces examens sont, en général, intrusifs et perturbants pour l’enfant. Ils sont généralement réservés aux cas de RGO sévère.

La pH-métrie oesophagienne : Elle consiste à mesurer l'acidité (le pH) de l’oesophage en continu, pendant une durée qui peut aller de 3 à 24 heures. Le médecin introduit par une narine et jusqu'en bas de l’œsophage, une sonde munie d'un capteur d'acidité, sous anesthésie locale. Les données sont transmises à un boîtier électronique porté à la taille. En fin d’examen, les mesures enregistrées sont analysées par ordinateur pour repérer les pics et l’intensité de l’acidité gastrique.

Le TOGD ou transit gastroduodénal : Il s'agit d'une radiographie. La préparation consiste à faire avaler au malade à jeun, un liquide épais, qui réagit aux rayons X. Chez le bébé, on le donne au biberon, ce qui n'est pas toujours évident pour un bébé allaité. La progression de ce liquide permet de visualiser la morphologie du tube digestif oesophage, estomac et duodénum) en réalisant des clichés radiographiques. Le TOGD permet de déceler une malposition du cardia, une hernie hiatale, une anomalie de la vidange gastrique, une oesophagite sévère. Cet examen, moins performant que la fibroscopie, reste très utile pour le diagnostic de la hernie hiatale (remontée de la partie supérieure de l'estomac à travers le diaphragme, jusque dans le thorax).

L’endoscopie ou la fibroscopie : Elle consiste à explorer la paroi interne (muqueuse) du tube digestif (oesophage, estomac et duodénum) à l'aide d'une fibre optique introduite par la bouche. Une anesthésie n’est pas toujours nécessaire. On observe le trajet de la fibre sur un écran vidéo. Des prélèvements peuvent être également effectués, particulièrement en cas de suspicion d’allergie alimentaire. L’endoscopie permet d’objectiver l’oesophagite et de préciser sa gravité.

La scintigraphie : C'est une radiographie avec un liquide radioactif. Elle est peu utilisée pour diagnostiqué le RGO.

L 'échographie : Elle est souvent pratiquée, probablement parce que c'est un examen indolore, bien qu'elle apporte peu d'informations dans le dépistage du reflux.

La manométrie : Cet examen mesure la pression des sphincters de l'oesophage en passant une sonde dans l'estomac. Mais, pour que la manométrie soit réussie, il ne faut pas que le bébé pleure !

 

 

En cas de reflux d'origine allergique

Les tests allergologiques et une éviction-test pourront être des éléments importants pour préciser le diagnostic d'un reflux lié à une allergie ou une intolérance alimentaire. Si le reflux disparait après la mise en place d'un régime d'éviction, c'est à dire en supprimant pendant plusieurs jours l'aliment suspecté ou responsable, c'est qu'il y a un lien clair entre les deux. A noter que dans 40% des cas, les protéines de lait de vache (PLV) sont impliquées en partie ou totalement.

 

 

 

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