Tous les reflux ne nécessitent pas la mise en place d'un traitement. Mais, dans certains cas, la prise de médicaments est incontournable. Selon la situation, le médecin proposera d'effectuer des examens médicaux approfondis.

Le traitement du reflux doit être le moins long possible. Mais, selon la persistance des symptômes et selon le cas, les médicaments sont utilisés entre quelques semaines à plusieurs années. La prescription médicale est adaptée à chaque cas, car il existe une grande variété de reflux gastro-oesophagien et de niveaux de gravité (oesophagite, reflux d'origine physiologique, reflux allergique, etc). En France, l'on a l'habitude de commencer par le traitement le plus faible, puis l'on augmente la dose si c'est insuffisant. Dans d'autres pays, à l'inverse, on commencera par le traitement le plus fort, que l'on diminuera jusqu'à trouver la dose optimale pour éviter le reflux.

 

 

Quels reflux faut-il traiter ?

"A priori, un traitement médicamenteux anti-reflux n’est pas indispensable chez un enfant dont la croissance est normale, et qui ne présente pas de symptômes indiquant des complications pulmonaires, sauf si les manifestations douloureuses sont importantes." *

Le reflux mécanique (du à une immaturité digestive, cardia trop lâche…) disparait souvent spontanément entre l’âge de 9 à 12 mois. S'il n'est pas douloureux, il n'est pas nécessaire de le médicamenter. 
Les reflux pathologiques, lorsqu'il font souffrir, entrainent des répercutions sur la santé (perte de poids, affections ORL chroniques, malaises...) et perturbent profondément le comportement du bébé (troubles du sommeil et du déroulement des tétées), nécessitent la mise en place d’un traitement médicamenteux plus ou moins long. 
Les reflux associés à une autre pathologie (encéphalopathie, hernie hiatale…) auront généralement besoin d’un traitement assez lourd au long cours, voire d’une intervention chirurgicale. 
Le reflux lié à une allergie ou une intolérance alimentaire disparait grâce à un régime d’éviction alimentaire pratiqué par la mère qui allaite et/ou par l’enfant diversifié.

 

 

Quels médicaments utiliser ?

"Epaissir le lait est encore fréquemment recommandé ; on recommandera alors de donner à l’enfant un épaississant avant les tétées (caroube, Gélopectose®, mucilage : Gulmik®, amidon de maïs : Magic Mix® ). Des études ont toutefois montré que cela n’avait guère d’impact sur la symptomatologie d’un RGO sévère. En cas de régurgitations, le lait épaissi est nettement plus agressif pour la muqueuse œsophagienne que le lait seul. Par ailleurs, l’épaississement du lait a pour principal effet d’induire une constipation qui peut éventuellement aggraver le RGO. Ces épaississants peuvent améliorer la symptomatologie douloureuse, tout en laissant évoluer le RGO à bas bruit, ou aggraver l’ensemble du tableau." *

"Les accélérateurs de la vidange gastrique n’ont pas démontré d’efficacité significative sur la fréquence des épisodes de reflux, mais ils ont un impact sur la pHmétrie gastrique. Le métoclopramide (Primpéran® ) n’est réellement efficace qu’à partir d’une posologie potentiellement toxique provoquant de fréquents effets iatrogènes neurologiques, raison pour laquelle il est à déconseiller. Le dompéridone (Motilium® ) a démontré une efficacité à une posologie de 0,8 à 2 mg/kg/jour. Le cisapride (Prépulsid® ) peut être utilisé à la posologie de 0,6 à 0,8 mg/kg/jour." *

"Les antiacides (sels d’aluminium, de calcium, de magnésium, sucralfate, smectites…) ont pour rôle de diminuer les symptômes d’oesophagite, et en particulier les manifestations douloureuses. L’oesophagite peut en effet aggraver le manque de tonus du cardia, et favoriser le RGO. Leur effet clinique reste peu étudié ; ils ont peu d’effets secondaires." *

"Les antisécrétoires [inhibiteur de pompe à proton (IPP)] (cimétidine, ranitidine, oméprazole) ne sont normalement pas utilisés en pédiatrie. Bien que peu d’effets secondaires aient été signalés chez des bébés traités avec ces molécules, ils seront réservés aux cas de RGO sévères, ayant résisté aux autres traitements, sous contrôle endoscopique régulier, et pendant un temps aussi court que possible." *

 

* Extrait du Dossiers de l'Allaitement 41 : Allaiter un bébé souffrant d'un reflux gastro-oesophagien

 

 

Comment adapter le traitement à l'allaitement maternel ?

La plupart des traitements ne sont pas adaptés à l'allaitement. Ils sont établis pour des bébés allaités au biberon. Les notices des médicaments, elles, se rapportent toutes aux bébés nourris au lait artificiel. La prescription se fait souvent en fonction du nombre de repas au lait artificiel. 
Il est donc difficile d'adapter les traitements, aux protocoles souvent stricts, sans "contrarier" l'allaitement au sein : anti-acide 15 mn avant la tétée, pansements gastriques juste après la tétée, alors qu'il est parfois difficile de définir quand prend véritablement fin une tétée et encore plus, de prévoir l'heure de la prochaine tétée !

Demandez au médecin la dose maximale journalière à ne pas dépasser, pour chaque médicament, puis fractionnez-la en plusieurs prises réparties à des moments opportuns de la journée.

Poursuivez l'allaitement malgré les conseils de sevrage souvent associés aux traitements et la prescription d'un lait artificiel avec un épaississant, malgré les éventuelles critiques de votre mode de maternage (portage, cododo...). Des études démontrent les avantages du lait maternel, qui rend les reflux moins sévères.

 

 

 

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