Le traitement de fond et indispensable de toute allergie et intolérance alimentaires est le régime d’éviction. Il consiste à supprimer le ou les aliments responsables des réactions, du régime alimentaire de la mère allaitante et du bébé diversifié.

Les symptômes de gènes disparaissent alors entre 2 à 8 semaines selon les cas, mais il est à faire autant de temps que la personne reste sensible et réagit aux tentatives de réintroduction de l'aliment, en général plusieurs mois ou années. Un régime d'éviction concluant peut parfois aboutir à une guérison, c'est à dire qu'il n'y a pas rechute des symptômes après la réintroduction de l'aliment. Parfois le seuil de tolérance de l'aliment est plus élevé, permettant à la personne de pouvoir consommer exceptionnellement ou en faibles quantités l'aliment ou de voir ses symptômes de réaction diminuer d'intensité.

 

 

Régime d'éviction "curatif"

Le régime d'éviction alimentaire ou régime hypoallergique est le traitement de fond de toute allergie ou intolérance alimentaire. Il se met en place avec l'allergologue. Il consiste à supprimer de l'alimentation de la mère allaitante et/ou du bébé diversifié le ou les aliments suspectés ou déterminés responsables des réactions. En général, une amélioration de l'état de santé se fait sentir au bout de quelques jours à plusieurs semaines de régime, selon le type d'allergène à exclure.

Le régime d'éviction est à poursuivre tant que l’enfant réagit aux tentatives de réintroduction du ou des aliments, souvent les 1er mois, voire les 1ère années de vie.

Un régime d'éviction concluant peut parfois aboutir à une guérison, c'est à dire qu'il n'y a pas rechute des symptômesaprès la réintroduction de l'aliment. La plus part du temps, c'est le seuil de tolérance de l'aliment qui est plus élevé, permettant à la personne de pouvoir consommer exceptionnellement ou en faibles quantités l'aliment, ou de voir ses symptômes diminuer d'intensité, ce qui est déjà un grand bénéfice.

L’éviction alimentaire peut aussi servir de test pour isoler l’aliment responsable de réactions qui ne sont pas trop sévères.

 

 

Régime d'éviction préventif

A la différence du régime d'éviction instauré, lui, pour soigner une allergie, le régime préventif se pratiquerait par anticipation pour limiter le risque d'allergie. L'on sait que le foetus peut se sensibiliser à certains aliments durant la grossesse, de même, le bébé, via le lait maternel pendant l'allaitement. Dans le cas particulier de l'arachide, il est recommandé de ne pas en consommer durant la grossesse et l'allaitement. Par contre, concernant les autresallergènes, l'efficacité du régime préventif n'a pas fait ses preuves, selon les études médicales. Il est parfois mis en place, selon le patient, et au cas par cas.

 

 

Eviction-test pour isoler l’aliment responsable des réactions

Si les tests d'allergologie n'ont pas permis de mettre en évidence l'aliment responsable des réactions, vous pouvez de manière relativement simple pratiquer une éviction-test de certains aliments suspects afin d'isoler le responsable, mais seulement dans le cas de réactions peu sévères.

Eliminez d'abord un aliment précis de votre alimentation, celui sur lequel vous avez des doutes, pendant une quinzaine de jours et voyez si l'état de santé de votre bébé allaité s'améliore. Si vous aviez dernièrement modifié quelque chose dans votre alimentation ou que vous aviez mangé en grande quantité un aliment, vous devriez supprimer cet aliment là en premier. Pensez également au lait de vache que vous consommez et qui pose souvent problème aux bébés. S’il n'y a aucune amélioration, essayez d'éliminer d'autres aliments (en priorité les allergènes majeurs) durant au moins 15 jours, un à la fois, et surveillez votre bébé pour voir si les gènes disparaissent. Si son état de santé semble s'améliorer quand vous avez éliminé plusieurs aliments, et seulement si les réactions initiales ne sont pas trop graves, essayer de réintroduire un aliment à la fois en petite quantité, en restant vigilante afin d'isoler le véritable responsable de la réaction.

En cas de doute, quand le responsable reste indéterminé, pensez en premier lieu au lait de vache et aux allergènes majeurs.

Si vous cuisinez par vous même vos repas, il sera plus facile de repérer l’aliment qui fait réagir votre bébé. La nourriture prête à l’emploi comporte, elle, souvent une trop grande variété d’ingrédients pour s’y retrouver.

Tenez un journal alimentaire, en y notant la composition exacte de tous les repas pris dans la journée et les réactions survenues dans un délai de 24 à 72h. Les réactions franches et immédiates, survenant juste après la consommation d'un aliment, sont en général vite identifiées. Par contre, les allergies où les symptômes apparaissent plusieurs heures, voire plusieurs jours plus tard, sont souvent plus difficiles à repérer. Tenir un cahier alimentaire sur une durée de plusieurs semaines peut vous permettre d’isoler, par recoupement de situations qui se répètent, le ou les aliments responsables. Pour le nourrisson exclusivement allaité, c'est la mère qui notera ce qu'elle mange, tout en observant l'apparition de symptômes chez son bébé. Même si cette méthode est laborieuse, elle permet, au final, de supprimer  seulement les aliments qui posent problème et vous évitera d’avoir à maintenir, dans le doute, une éviction trop vaste et trop contraignante.

 

 

Seuil de tolérance, régime d'éviction strict ou pas ?

Certains bébés réagissent à de très petites quantités ingérées, voire des traces d'aliment, alors que d'autres pourront en manger une belle portion avant de déclencher une réaction. Le régime d'éviction sera alors plus ou moins strict. En se basant sur les résultats des tests, mais surtout sur l’écoute de votre bébé, l'allergologue pourra identifier son seuil de réactivité (= dose minimale d’aliment qui déclenche la réaction) et  déterminer ce qu'il faudra exactement supprimer de l'alimentation.

Pour déterminer le seuil de tolérance, l’aliment responsable des réactions est supprimé de l’alimentation de la mère qui allaite ou du bébé diversifié, jusqu’à la disparition des symptômes. Ensuite, on le réintroduit en commençant par de très petites quantités, puis en augmentant progressivement les doses jusqu’à la réapparition des symptômes. Ceci permet d’établir la quantité limite tolérée pour éviter une réaction. Cette méthode est appliquée seulement pour des réactions qui ne sont pas trop sévères.

En fonction de ce seuil, vous devrez exclure de manière plus ou moins stricte l'aliment impliqué, en jouant sur plusieurs tableaux. C'est à dire en excluant par exemple : seulement l’aliment responsable et/ou toute la famille d’allergènes à laquelle il appartient et/ou ses allergènes croisés, ceci dans votre alimentation pendant l'allaitement exclusif, mais parfois encore tant que l'enfant diversifié continue à téter. Rien ne vous empêche, sauf s'il s'agit de symptômes graves, d'y aller à tâtons en durcissant ou assouplissant l'éviction pour trouver le juste équilibre entre contraintes alimentaires et bonne santé du bébé. N'oubliez pas que votre petit bébé grandit très vite et que le régime d'éviction ne sera peut-être pas à faire très longtemps. Certaines allergies et intolérances alimentaires disparaissent au fur et à mesure que la maturité digestive du bébé se développe (souvent avant 3 ans).

Dans le cas de symptômes graves (choc anaphylactique, œdème de Quincke, urticaire géant…) on pratique en général et par mesure de précaution, d'entrée de jeu, une éviction la plus stricte possible.

Le soutien d’un nutritionniste ou d’un diététicien peut être utile, particulièrement en cas de polyallergies ou polyintolerances (= sensibilisation à plusieurs aliments), pour éviter les risques de déséquilibre alimentaire et de carences. Il est parfois nécessaire de supplémenter en vitamines et oligoéléments.

 

 

Réintroduction d’un aliment

La réintroduction d’un aliment se fait seulement et seulement si l’état de santé du bébé s’est amélioré et que les symptômes ont disparu. Au bout de plusieurs mois d’éviction, souvent une année, l’allergologue peut alors proposer de réintroduire l'aliment responsable des réactions. Le principe est d’exposer très progressivement le bébé à de petites quantités.

Dans le cas de réactions pas trop sévères, on peut réintroduire l’aliment d’abord dans l’alimentation de la mère allaitante (il n’apparaitra ainsi que sous forme de traces dans le lait maternel), puis, si tout se passe bien, dans celle du bébé s'il est diversifié. Il faut y aller pas à pas sur plusieurs semaines, en en donnant d'abord occasionnellement. Puis s'il est bien toléré, on peut le proposer plus souvent et augmenter peu à peu les quantités. Si toutefois des symptômes réapparaissent, bien souvent il suffit de revenir une étape en arrière, en en donnant moins souvent ou en moindre quantité, voire ré-exclure temporairement l'aliment pendant quelques semaines ou quelques mois.

Dans les cas de réactions sévères (choc anaphylactique, œdème de Quincke, urticaire géant…) la réintroduction d'un aliment doit toujours se faire sous surveillance en milieu hospitalier suivant un protocole particulier.

 

 

Echec de l’éviction alimentaire : que faire ?

Si les symptômes ne disparaissent pas totalement ou en cas d'échec du régime d'éviction, ne vous découragez pas et pensez à :

  • Faire un régime d’éviction plus strict en éliminant véritablement toute trace de l’allergène et en traquant les aliments cachés présents dans les denrées commercialisées (plats prêts à l’emploi, additifs…) et dans certains médicaments et cosmétiques.
  • L’existence d’une polyallergie ou polyintolérance (= sensibilisation à plusieurs aliments) ou d’une réaction croisée à d’autres allergènes (végétaux ou animaux) qui n’aurait pas été identifiée.
  • Un contact avec l'allergène par d’autres voies : inhalation ou contact cutané (cosmétiques, dentifrices…). D’autres facteurs favorisants l’intolérance ou l’allergie (irritants, alcool, aspirine…).

 

 

 

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