Le terme "colique" désigne une douleur aiguë et violente à l'abdomen. Les pleurs de coliques sont intenses et inconsolables. Ils apparaissent subitement de manière imprévisible.

Le bébé est très tendu, raide, les poings crispés et l'abdomen dur et ballonné. Son visage grimace, yeux fermés et bouche grande ouverte hurlant de douleur. Il alterne une position avec les bras serrés très fort contre sa poitrine et ses genoux remontés contre son ventre, puis une position arquée en agitant les bras et tendant les jambes, raides comme un piqué. Souvent, les bébés tomberont dans un profond sommeil après la fin de l'épisode de coliques.

Les crises de coliques peuvent durer de quelques minutes à quelques heures et être entrecoupées de périodes de calme avant la prochaine crise.

Les crises apparaissent plutôt en soirée, le moment où la mère est la plus fatiguée et moins réceptive à son bébé, où le lait coule moins abondamment et où le nourrisson semble décharger les tensions accumulées au cours de la journée.

Les coliques durent en moyenne 3 mois (de 2 semaines à 6 mois environ). On définit les coliques du nourrisson par des cris : plus de 3 heures par jour, plus de 3 jours par semaines, au cours des 3 premiers mois de la vie.

La plus part du temps, les bébés souffrant de coliques ont un tempérament facile en dehors des crises et ils sont en excellente santé. Toute fois, beaucoup de bébés aux besoins intenses (BABI) ont des coliques, et de nombreux bébés souffrant de coliques sont des BABI.

 

 

Les causes

Elles sont à la fois physiologiques, environnementales ou liées au tempérament du nourrisson.

- L'allergie au lait de vache et l'intolérance au lactose sont très fréquemment responsables de coliques. Des molécules alimentaires provenant de l'alimentation de la mère passent dans le lait maternel et peux ainsi faire réagir le nourrisson. Une étude a montré que les pleurs dus aux coliques diminuaient de manière substantielle si la mère pratiquait un régime supprimant les produits laitiers. Toutes coliques qui durent au delà de de l'âge de 3-4 mois ont fort probablement un problème d'ordre médical à l'origine, notamment une intolérance ou une allergie. 

- L'air avalé durant la tétée. Toute fois des études ont montré qu'il y avait plus d'air présent dans l'abdomen après la crise de coliques qu'avant, probablement du à l'ingestion d'air durant les pleurs. Il est donc important de limiter les pleurs du "bébé à coliques". 

- Trop grande absorption de lait de début de tétée, particulièrement riche en lactose et parfois difficile à digérer. Ce phénomène se produit en particulier lorsque la mère a un réflexe d'éjection fort du lait (REF) ou lorsqu'elle minute et limite la durée des tétées [http://www.lllfrance.org/Feuillets-de-LLL-France/Mise-en-route-de-votre-lactation.html]. 

- Autres causes digestives : forte mobilité gastro-intestinale, immaturité du système nerveux. 

- L'infection urinaire est l'une des causes la plus sérieuse de coliques. Elle peut démarrer à bas bruit et se développer durant plusieurs semaines avant d'être diagnostiquée. Elle peut s'accompagner de fièvre intermittente sans autres signes de maladie (rhume, infection virale...). Il peut être intéressant de pratiquer une analyse d'urine chez le un bébé souffrant de coliques. 

- Certains aliments seraient plus souvent responsables de coliques : Brocoli, chou, oignons, poivrons verts et chou fleur crus; chocolat; oeufs; fruits de mer; noix; agrumes; les compléments alimentaires (Tardyféron®) et lesvitamines synthétiques (vitamine D) pris par la mère allaitante ou le bébé. 

- Une constipation. A noter que la constipation peut être un signe d'allergie ou d'intolérance à un aliment consommé par la mère qui allaite ou lors de la diversification alimentaire, en particulier au lait de vache (IPLV,APLV). 

- Le tabagisme. Le nourrisson d'une mère qui fume ou soumis au tabagisme passif (autres membres fumeurs de la famille), aurait plus de risque d'avoir des coliques. 

- Un accouchement difficile et stressant. Le risque de coliques est plus élevé chez le nourrisson issus d'un accouchement accompagné de complications et qui a été séparé de sa mère.

 


Les solutions

- La danse anti-coliques : oscillation en 3 dimensions, d'avant en arrière, en y alternant la cadence latérale et de bas en haut en fléchissant les genoux. La cadence idéale est d'environ 70 mouvements par minutes, reproduisant ainsi le rythme de la circulation utérine. Le bébé apprécie à la fois entendre les murmures, la respiration et les battements de coeur du parent.

- La position anti-coliques : porter bébé à plat ventre sur l'avant-bras de l'adulte, sa tête dans le creux du coude, la main au niveau de son entre-jambe laissant les jambes pendre de chaque côté.

- Placer quelque chose de chaud sur le ventre du bébé (la main, une bouillotte, un coussin...) et qui exerce une légère pression sur l'abdomen. Les bébés apprécient particulièrement la large main chaude de leur papa.

- Les massages. On peut pétrir doucement et en souplesse l'abdomen du nourrisson. La technique "I love you" : le bébé est couché sur le dos, la tête vers l'adulte. Il s'agit de dessiner avec les doigts bien à plat et sans appuyer, un "I", puis un "L" puis un "U" toujours en partant du côté gauche du ventre du bébé. Ce massage suit la courbe naturelle du gros intestin du bébé, et permet d'aider les poches d'air à s'évacuer vers l'anus.

- Coucher le bébé sur le ventre. Mais, dans ce cas, il ne faut pas que le bébé soit seul dans sa chambre. On peut dormir avec son bébé en respectant les quelques règles de sécurité du cododo. 
LLL : Protocole du co-sommeil et allaitement http://www.lllfrance.org/Textes-de-l-Academy-of-Breastfeeding-Medecine/Recommandation-sur-le-sommeil-partage-et-l-allaitement.html

- Lutter contre la constipation. Un suppositoire de glycérine peut aider le nourrisson à évacuer un peu de selles et de gaz. Certains bébé sont sensibles aux eaux fortement minéralisées (Hépar par exemple) et aux aliments réputés laxatifs (éviter toutefois de donner des agrumes qui peuvent accentuer les coliques) qu'ils consomment ou que leur mère allaitante consomment. Dans le cas d'une constipation liée à une allergie ou une intolérance alimentaire, il faudra soigner l'allergie en pratiquant un régime d'éviction pour voir disparaitre la constipation.

- Limiter les pleurs. Les pleurs sont un appel de détresse. Plus on répond aux pleurs par une affection et une attention immédiate, moins le bébé pleurera.

- Supprimer l'aliment responsable de l'allergie en pratiquant un régime d'éviction alimentaire. C'est souvent le lait de vache consommé par la mère du bébé allaité, qui pause problème. Mais, beaucoup d'autres aliments, qui contiennent des allergènes, peuvent être responsables d'intolérances ou d'allergies. En général, les coliques allergiques sont accompagnés d'autres symptômes spécifiques.

- Faire une sieste en fin de soirée. La tétée et la sieste en fin d'après-midi (vers 16h) aident autant la mère que le bébé et peuvent permette de réduire l'intensité ou la durée des épisodes de coliques.

Vous pouvez combiner plusieurs de ces propositions entre elles. Selon le jours ou le moment de la journée, elles fonctionneront ou pas. Si malgré tout rien ne calme votre bébé, tentez de ne pas le prendre à coeur. Votre bébé ne vous en veux pas ! Passez le relai au père ou à tout autre personne susceptible de vous aider. Et lorsque vraiment vous êtes à bout et démunie, poser le bébé dans son lit, il y sera en sécurité. Allez vous laver les mains ou prendre une bonne bouffée d'air frais, puis revenez prendre votre bébé dans les bras. Surtout ne secouez pas votre bébé, cet acte peut avoir des conséquences graves et irréversibles sur sa santé ! (hémorragies cérébrales).

 


Les traitements médicaux

Les coliques n'étant pas une maladie en soi, mais un syndrome, le meilleur des traitements reste le réconfort qu'apportera les parents. Il existe tout une kyrielle de médicaments et médecines douces contre les coliques, mais ils n'ont pas toujours démontré leur efficacité. Certains bébés seront soulagés, d'autres pas. Il faut essayer au cas par cas ces traitements.

- Les anti-spasmodiques ou anti-flatulents sont délivrés sous ordonnance (Débridat®). 
- Les probiotiques (Lactobacillus reuteri). Ils stimulent la flore digestive. Ils existent en poudre ou en gélule qu'il suffit d'ouvrir et de diluer dans un peu d'eau. On peut ensuite le donner au nourrissant à la pipette ou à la cuillère, quotidiennement, souvent en cure d'un mois. Attention, toutefois, certaines marques de probiotiques contiennent des excipients à base de lactose ou de lait de vache, qui peuvent faire réagir un bébé intolérant au lactose ou allergique au lait de vache ! 
- Les tisanes (camomille, fenouil). 
- L'eau de chaux, le julep gommeux, la fleur d'oranger. 
- L'homéopathie. Le colocynthis est réputé anti-coliques. Mais, le traitement homéopathique le plus adapté restera la prescription faite sur mesure de votre homéopathe. 
- L'ostéopathie peut réduire la durée des pleurs dus aux coliques. 
- Le régime d'éviction alimentaire (pratiqué par la mère si le bébé est allaité) en cas d'allergie ou d'intolérance, fera disparaitre les symptômes.

 

 

+ d'info