Pleurs de décharge, caprices, ou poumons à renforcer ? Rien de tout cela ! Pleurer est un "langage". Votre nourrisson ne parle pas encore (statistiquement les pleurs diminuent grandement lorsque l'enfant commence à parler). Il attire votre attention par des pleurs, si vous n'avez pas déjà compris ses besoins. Il a faim ? Il a peut être chaud ? Ou sa couche est sale ? Ou bien il a mal...

 

Les causes

Il existerait une multitude de raisons possibles aux pleurs, qu'on ne pourrait les lister exhaustivement. Toute fois, on peut évoquer les plus évidentes :

La faim, le mal-être (douleur, tensions, stress...), la couche mouillée, le froid ou le chaud, la fatigue, l'ennui, une grossesse ou un accouchement difficile ou prématuré, une dépression maternelle qui interfère sur la relation mère-enfant, l'immaturité des différents systèmes (digestif, nerveux, immunitaire...) du nourrisson, une séparation mère-nourrisson trop précoce lors de l'accouchement ou par les modes de maternage inadéquates (bébé isolé dans son lit, dans son transat, privé de contacts), ou tout simplement son grand besoin de contact physique parfois insatisfait, et plus tard des frustrations faces aux grandes étapes d'apprentissage (4 pattes, marche...), etc.

Il faut bien comprendre que votre nourrisson est dépendant de vous, ses parents, pour couvrir ses besoins vitaux. Les premiers mois, en fait les 12 premiers mois, il ne sait pas marcher, ni même saisir un objet, pas plus manger seul, se couvrir ou se découvrir, etc. Les peurs sont le signal imminent qu'il a besoin de vous pour toutes ces choses-là ! Quant aux pleurs parce qu'il ne veut pas s'endormir seul, c'est peut être tout simplement du fait qu'un nourrisson n'a pas la capacité d'être et de rester seul, isolé, sans contact.

Un bébé qui pleure, c'est un bébé qui veut nous dire quelque chose et peut-être que nous n'avons pas compris ses appels subtils qu'il envoyait juste avant (petits sons, gémissements, gesticulations, grimaces et mouvements de bouche par exemple, qui sont des signes réclamant la tétée). Il ne lui reste alors qu'un seul moyen, pleurer pour ce faire entendre.


Les solutions

Il faut chercher par tout moyen à répondre à ses pleurs. Beaucoup de manières peuvent calmer des cris :

- L'allaitement. Un nourrisson peut téter très souvent sans aucun risque de répercutions digestives. Contrairement au lait artificiel, le lait maternel se digère très vite. La tétée procure également un effet relaxant immédiat. C'est souvent la première réponse instinctive d'une mère qui allaite et elle a raison ! L'allaitement maternel répond aussi à beaucoup d'autres besoins que celui de nourrir.

- Le portage. Prendre à bras un bébé qui pleure, bien souvent, le calme immédiatement. La mère, comme le père, peut bercer, tapoter ou garder tout contre soi le nourrisson. Certains bébés aiment être emmaillotés ou bercés en position foetale (en rassemblant ses jambes cotre son ventre). Utiliser un porte-bébé en tissu ou une écharpe de portage peut jouer se rôle. L'on peut également porter en "peau à peau", c'est à dire le bébé dénudé (simplement en couche) contre la poitrine de sa mère ou de son père.

- Le contact physique. Les caresses, les gestes tendres, les massages, un bain pris avec son bébé, le portage peau contre peau, apportent réconfort.

- Les bruits et les vibrations. La plus part des nourrissons s'endorment plus facilement dans la salle à manger bruyante que dans leur chambre paisible. En fait, le nourrisson est angoissé par le calme et le silence. La vie utérine était remplie de sons (battements de coeur, respiration et voix de la mère). Le ronron de l'aspirateur, du moteur de la voiture, les chuchotements, les murmures ou des chansons douces, ont souvent un effet apaisant sur le bébé.

- Dormir près de son bébé peut permettre de répondre rapidement à ses éventuels pleurs nocturnes, en limitant la fatigue des parents. On peut très bien allaiter allongé sans avoir besoin de se lever.

- Ecouter, entendre et aider le bébé à s'exprimer. Statistiquement les pleurs diminuent grandement lorsque l'enfant commence à parler. Un bébé prononcera ses premiers mots vers 18 mois, alors qu'il sait faire des gestes précis à partir de 8 mois. La langue des signes peut être apprise au bébé. Elle permet à l'enfant d'exprimer ses besoins et ses émotions, de se faire comprendre et d'être moins frustré.


Si les pleurs persistent...

Si malgré tout cela, votre bébé continue de pleurer et de crier, il se peut qu'il y ait un malaise plus profond :

- Les fameuses coliques du nourrisson. Les pleurs apparaissent en général subitement et plutôt en soirée. Le bébé semble inconsolable et avoir très mal. Il finit en général par s'endormir d'un seul coup à la fin de la crise.

- Un accouchement difficile ou prématuré (forceps, cordon autour du coup, accouchement très long, etc) peut engendrer chez le nourrisson des douleurs crâniennes, un torticolis ou tout autre souffrance physique, en particulier s'il a aussi du mal à prendre correctement le sein. L'ostéopathie, dans ce cas, peut apporter un soulagement certain.

- Un bébé aux besoins intenses. Un BABI se caractérisent par des pleurs nombreux, une hypersensibilité accrue, une tonicité exagérée et un besoin de contact permanent.

- Une maladie. Le reflux gastro-oesophagien ou l'oesophagite peuvent s'exprimer sans aucune régurgitation et faire très mal; une réaction allergique ou une intolérance alimentaire; une otite, une infection urinaire ou toute autre pathologie.

- Les pleurs de fin de journée. Les pleurs sont plus fréquents en fin de journée (40%) car la nuit approche, il y a accumulation de stress et de tensions qui lâche à ce moment là, plus la fatigue des parents qui les empêchent de répondre efficacement aux besoins du bébé.


Les répercutions sur la santé du "Laisser pleurer"

"Si on laisse un bébé hurler tout seul pendant longtemps, son cerveau cesse de sécréter des opioïdes (des hormones qui procurent une sensation de bien être), son taux circulant de cortisol (hormone du stress) s'élève énormément, les voies de transmission de la douleur sont activées dans son cerveau comme s'il était blessé physiquement." *  

Laisser pleurer peut avoir des répercutions graves sur la santé du bébé : 
- Un lien a été établi entre un niveau d'hormones de stress élevé et une inhibition des fonctions intestinales, de la digestion, de la croissance et également un abaissement des fonctions immunitaires de l'organisme. On comprends combien il est important de limiter les pleurs chez un bébé déjà souffrant, qui plus est, s'il est atteint d'allergie ou d'intolérance. 
- Une faible prise de poids parce qu'on espace les tétées en laissant pleurer le bébé (C'est là, bien souvent, qu'est proposé un arrêt de l'allaitement maternel au profit de compléments de lait artificiel, qui peuvent d'ailleurs induire un risque plus important de développer une allergie ou une intolérance alimentaire). 
- Un risque d'hémorragies. 
- Une température, une oxygénation, un rythme cardiaque et respiratoire instables. 
- Un risque plus grand de crises d'épilepsie. 
- Une plus grande fréquence de comportements agressifs envers les autres (colères, caprices, actes violents) et de dépression (le bébé se résigne et se replie sur lui-même).

* Extrait du livre "Ne pleure plus bébé !" de Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau

 

 

+ d'info